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2 commentaires

  1. D’abord (et encore une fois) mer­ci pour tous ces éclairages.
    Comme (presque ?) tous les DJ, je m’in­ter­dis de dif­fuser Ple­garia pour les raisons que tu dis. Le réper­toire est telle­ment immense que je m’évite de cho­quer et/ou provo­quer un éventuel inci­dent en milon­ga. Et je me refuse à la moin­dre com­plai­sance pour le nazisme d’hi­er, le fas­cisme d’au­jour­d’hui et l’an­tisémtisme de tou­jours. Mais j’avoue que c’est une très grande frus­tra­tion pour moi car je suis plus que sen­si­ble à la beauté de ce morceau. Dans sa ver­sion de Frese­do bien-sûr mais (j’ose !) pas que.
    D’au­tant que le pathé­tique ne me sem­ble pas un obsta­cle à la danse. Loin de là. Dans le thème musi­cal en tout cas. Quant aux paroles…? Peut-être que mon his­pano­phonie indi­gente m’en pro­tège.
    Le réper­toire du tan­go en est plein d’ailleurs. Par exem­ple, je passe par­fois “Cotor­ri­to de la suerte” que je trou­ve très dansant pour les mêmes raisons. Une faute ?.. Une seule fois (mais une fois quand-même !), un danseur (ami) m’a dit “Tu vas nous faire pleur­er !”. Mais ça ne l’avait pas empêché de danser.
    Du coup, ça m’in­ter­roge. Faut-il pren­dre au pre­mier degré le détourne­ment que tu as fait de la for­mule célèbre “Le tan­go, une pen­sée triste qui se danse” ? En rem­plaçant “triste” par “joyeuse”, fais-tu pro­fes­sion de foi (et nous invites-tu à exclure les tan­gos tristes de la milon­ga) ou fais-tu un sim­ple clin d’œil ?..
    Ami­cale­ment.

    1. Sur le fait de pass­er Cotor­ri­ta de la suerte en milon­ga.

      1. le tan­go exprime la vie des Portègnes de l’époque et qui avaient des con­di­tions de vie sou­vent dif­fi­ciles. Il est logique que l’imaginaire du genre soit peu­plé de pen­sées tristes.
      2. La grande majorité des danseurs ne prê­tent pas atten­tion aux paroles. Les paroles sont écoutées dans les chan­sons mais pas quand il s’agit de l’estribillo. Il y a bien sûr des excep­tions nota­bles, mais même si le danseur/danseuse chante les paroles en dansant, ce n’est pas for­cé­ment en prenant en compte le sens.
      3. Des paroles peu­vent être triste et la musique plus entraî­nante (cf. A Mag­a­l­di).
      4. Dans la milon­ga il faut du con­traste, comme dans un bon film. Du rire et des larmes d’émotion. L’abus d’un genre me sem­ble devoir être évité et si l’on doit choisir je préfér­erais rester dans un domaine allè­gre, mais je peux com­pren­dre ceux qui font le choix inverse.
      5. Sur Cotor­ri­ta. L’histoire est très triste. La tuber­cu­lose, le fiancé qui ne vient pas et la mort sont des thèmes qui ne sont pas des plus réjouis­sants. Mais la vie n’est pas un film de Dis­ney (où cepen­dant même la mère de Bam­bi meurt).
      6. Il y a de plusieurs enreg­istrements de ce thème, c’est donc qu’il ren­con­tre un pub­lic. Par exem­ple Fir­po 1927. Qui par les accents du vio­lon et l’utilisation du mode mineur rap­pelle Ple­garia. Là pas de paroles donc la tristesse est dans la musique. Pour moi, pour une musique de la vieille garde c’est pass­able sans restric­tion avec une suite de tan­da avec des titres plus gais.

      En résumé, si je sens que ce titre a besoin d’être passé à un moment de la milon­ga je le passerai, au creux d’une tan­da (l’avantage du stan­dard de qua­tre). Reste à savoir quelle ver­sion
      Gardel non, bien sûr.
      Fir­po, dans un encuen­tro par exem­ple
      Canaro Are­nas, non, car cette ver­sion n’a pas de charme par­ti­c­uli­er. Des paroles tristes avec une musique quel­conque, bof.
      Flo­renti­no Piaz­zol­la, non, car c’est une chan­son mais ce n’est pas vilain et l’orchestre est extra­or­di­naire
      Troi­lo Moreno, j’imagine que c’est celui que tu as util­isé. C’est une excel­lente réal­i­sa­tion et un can­di­dat pos­si­ble, pour moi, même si Moreno et ce titre ne sont pas dans ce que je pro­poserai en pre­mier.

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