Milonga azul 1929-04-25 — Orquesta Cayetano Puglisi
Gerardo Hernán Matos Rodríguez
Vous vous demandez sans doute pourquoi j’ai choisi cette illustration de couverture pour parler d’un tango qui s’appelle « Milonga azul », c’est-à-dire Milonga bleue. Pour le découvrir, je vais vous conduire à travers une enquête qui associe La Cumparsita et le football.
Extrait musical
Il est facile de constater que ce titre n’a rien à voir avec les milongas que les tangueros sont habitués à danser. La musique ne fait pas explicitement penser au football, je vais devoir justifier le lien avec ce sport.
Lors de cet enregistrement, le Sexteto Cayetano Puglisi réunissait Cayetano Puglisi (violon et direction), Mauricio Mise (violon), Federico Scorticatti et Horacio Gollino (bandonéons), Armando Federico (piano), et José Puglisi (contrebasse).
Le chanteur de l’époque était Roberto Díaz, que nous retrouverons un plus loin dans notre histoire…
Les violons de Mise et Puglisi ont de jolis traits qui survolent le reste de l’orchestre qui appuie le rythme et marchant. Parfois un petit motif au piano ou au bandonéon donne des respirations plutôt originales. À la fin des percussions lourdes sur la contrebasse annonce la fin du morceau. Peut-être une évocation des batucadas montévidéennes.
Le club de football « Nacional” (Montevideo)
Comme nous l’avons présenté dans le Temas de tango « Tango et football – Les hommages aux clubs », Montevideo comporte deux clubs emblématiques. L’anecdote du jour concerne le Nacional, surnommé le Tricolor à cause de sa bannière, calquée sur celle de Artigas, héros de l’indépendance uruguayenne.

Le site des supporters du club, Pueblo Tricolor, relate une histoire qui fait partie de la « légende » du club. C’est ce qui va nous permettre d’étudier le lien entre le football et plus précisément ce club et même avec La Cumparsita…

Article de Pueblo tricolor
https://pueblotricolor939084757.wordpress.com/2020/04/25/gerardo-matos-rodriguez/ .
Gerardo Matos Rodríguez, autor de La “Cumparsita”, compuso un tango para el equipo de sus amores: NACIONAL (FOR EVER) para festejar la obtención de la Copa Uruguaya en propiedad en 1917.
Fue a Nacional al que Gerardo Matos Rodríguez devoto partidario nacionalófilo (quien anunciaba su presencia con la frase «AQUÍ LLEGA UN TRICOLOR«), le compuso el tango “NACIONAL (FOR EVER)”, en el mismo año de 1917 en que compuso “La Cumparsita”.
Traduction de l’article de Pueblo Tricolor
Gerardo Matos Rodríguez, auteur de La « Cumparsita », a composé un tango pour l’équipe de ses amours : Nacional (For Ever) pour célébrer l’obtention « en propriété » de la Coupe d’Uruguay en 1917 (en 1917, le club remportait son troisième championnat consécutif (1915–1916-1917), ce qui lui donnait le droit de conserver la coupe (la Copa Uruguaya « en propiedad »).
C’est au Nacional, celui dont Gerardo Matos Rodríguez était le fervent partisan « nationalophile » (et qui annonçait son arrivée d’un « Voici un Tricolor qui arrive ») qu’il composa le tango “Nacional (For Ever)”, la même année, 1917, au cours de laquelle il composa “La Cumparsita”.
Analyse de l’article de Pueblo Tricolor
Cette affirmation du blog des supporters du club mérite qu’on s’y arrête, pour plusieurs raisons.
Gerardo Matos Rodríguez aurait effectivement composé La Cumparsita en 1917, probablement en janvier ou février (avant le carnaval, puisque cette œuvre était destinée au carnaval de la fédération étudiante). Roberto Firpo fait l’arrangement à la demande de Rodriguez et joue La Cumparsita au Café La Giralda de Montevideo. Rodriguez, qui n’avait pas été prévenu, entend par hasard son œuvre le 18 avril 1917 et entre discrètement au café par la porte de service. La date de la première de La Cumparsita est donc sujette à caution. Firpo l’a‑t-il jouée avant le 18 ? Faut-il retenir la date « officielle » du 19, une fois que Firpo fut découvert ?
Notons également qu’une composition un an avant (fin 1915, début 1916) est une autre hypothèse plausible, puisque le repère est le Carnaval des étudiants. L’hypothèse 1915–1916 s’appuie sur un témoignage de Firpo et une éventuelle partition qui aurait circulé en 1916 (impression Arista à Montevideo).

1917 est également une date d’apogée du Club Nacional, quand il a pu conserver la coupe après avoir gagné trois années de suite.

L’enquête musicale
Réécoutons La Milonga azul pour déterminer si c’est un titre à vocation sportive ou festive ou un titre plus ordinaire.
Dans un des Temas de tango (Une milonga peut en cacher une autre), j’évoque la diversité des styles des milongas. Assurément, ce titre ne se réfère pas au genre prisé par les tangueros tricotant des gambettes. C’est un tango, un peu canyengue, bien de son époque, voire un tantinet traditionnel.
Dans le Temas de tango sur le football, j’ai fait remarquer que certains titres paraissaient curieux pour fêter le football. La Milonga azul est relativement énergique dans l’interprétation de Puglisi. On peut considérer qu’une interprétation de 1917 pouvait être encore plus tonique, festive. Rien n’interdit donc de penser que cette musique a servi en 1917 pour célébrer le club.
Mais vu que La Milonga azul et Nacional (For Ever) partagent la même musique et qu’on n’a pas de date de dépôt ou de correspondance précise, c’est difficile de garantir qui, de la poule et de l’œuf, était en premier. La Milonga azul est-elle une récupération de Nacional (For Ever), ou est-ce l’inverse ?
Je vais mettre sur la table, les éléments en ma possession.
Je vous propose d’écouter, Nacional (For Ever), chanté par Ricardo Olivera, probablement vers 2008.
On remarque que l’air est bien le même que celui de La Milonga azul. Plus lent, plus solennel. Les paroles de Bello Schmitt sont chantées avec cœur par Ricardo Olivera, ce qui confirme que la musique de Matos convient parfaitement à cet usage.
Voici maintenant le texte qui raconte la même histoire que l’article de Pueblo Tricolor, ce qui n’est pas étonnant dans la mesure où les deux datent du vingtième siècle et qu’ils correspondent donc à une légende bien assise du club.
Paroles de Nacional (For Ever)
¡Oh, Nacional !
Para siempre canto de “La Cumparsita”, del mismo autor.
Queremos hoy, con toda la emoción de esa canción, hacer un himno tricolor.
Por Nacional este tango nació como homenaje al criollo campeón.
Nacional fue quien enfrentó al inglés, introductor del fútbol de Uruguay.
Él fue el primer oriental que en el fútbol brilló.
¡Honor y gloria a Nacional!
¡Viva Nacional !, grito yo, pues tu historia es inmortal.
Tu bandera la bordaron, tricolor, de la de Artigas si no.
¡Viva Nacional!, grito yo, porque sos mi religión.
Todo un pueblo te acompaña, ¡tricolor!, y te brinda el corazón.
¡Oh, Nacional! Para siempre canto de “La Cumparsita”, del mismo autor.
Queremos hoy, con toda la emoción de esa canción, hacer un himno tricolor.Héctor Bello Schmitt (pseudonymes José Pueblo et Paco Beltrán)
Traduction
Ô Nacional !
À jamais je chante La Cumparsita, du même auteur.
Aujourd’hui nous voulons, avec toute l’émotion de cette chanson, en faire un hymne tricolore.
Pour Nacional, ce tango est né en hommage au champion créole.
Nacional fut celui qui affronta les Anglais, introducteurs du football en Uruguay.
Il fut le premier (club) Uruguayen à briller dans le football. Honneur et gloire à Nacional !
Vive Nacional ! m’écrié-je, car ton histoire est immortelle.
Ton drapeau tricolore fut brodé… Sinon, de celui d’Artigas.
Vive Nacional ! m’écrié-je, car tu es ma religion.
Tout un peuple t’accompagne, ô Tricolore, et t’offre son cœur.
Ô Nacional ! À jamais je chante La Cumparsita, du même auteur.
Aujourd’hui nous voulons, avec toute l’émotion de cette chanson, en faire un hymne tricolore.
Rodriguez n’a bien sûr pas écrit des paroles le citant comme l’auteur de La Cumparsita. Les paroles déclarées par Bello Schmitt sont donc, soit une création, soit une adaptation tardive des paroles originales de Rodriguez.
Il reste donc à trouver les paroles originales, celles qu’aurait écrites Rodriguez. Cependant, l’affirmation de l’article des hinchas dans Pueblo Tricolor est que Rodriguez a composé une musique, pas qu’il en a composé la musique et écrit les paroles. D’ailleurs, pour La Cumparsita, il n’a écrit les paroles que dans le cadre de son procès avec les éditions Breyer, pour essayer d’étouffer la version de Pascual Contursi et Enrique Pedro Maroni. Il est donc fort probable qu’il n’ait pas écrit de paroles pour Nacional (For Ever). Cela et l’insuffisance probable de mes recherches font que ces paroles, si elles existent, ne me sont pas encore apparues.
L’enquête musicale ayant cependant confirmé que Nacional (For Ever) et La Milonga azul partagent la même musique. Voyons maintenant les documents qui relient ces deux œuvres.
L’enquête archivistique
Plusieurs documents permettent de suivre les évolutions des deux titres. En voici quelques-uns.
Partition de Nacional (For Ever)
Le Museo y Centro de Documentación de l’AGADU (Montevideo, Uruguay) qui conserve le fonds Gerardo Matos Rodríguez dispose de la partition de « Nacional (For Ever) ». Ils ont eu l’extrême obligeance de me la procurer.

La notice de ce document dans les collections du Museo y Centro de Documentación de l’AGADU indique « Editorial : Montevideo : Breyer ».

On trouve aussi dans le catalogue des œuvres du Museo y Centro de Documentación de l’AGADU : « MATOS RODRIGUEZ GERARDO HERNAN — NACIONAL PARA SIEMPRE” qui correspond au même tango.
D’ailleurs, on pourrait trouver curieux que Rodriguez appelle son œuvre Nacional (For Ever), en anglais, alors que c’était le club rival qui était « anglais ». Voir le Temas de tango sur Tango et Football – Les clubs pour le détail de cette rivalité. On aurait pu penser qu’il choisisse un titre plus hispanophone pour marquer la revendication nationale du club Nacional.
Le fait que la notice du Museo y Centro de Documentación de l’AGADU mentionne « Montevideo : Breyer » m’a intrigué, car la maison Breyer, rachetée en 1924 par Ricordi Americana était sise à Buenos Aires. Cependant, en regardant les détails en bas de la première page de la partition, on remarque un détail.

La mention “tall. Graf. Mus. Breyer Hnos. — Bs. Aires” pour Talleres Gráficos Musicales Breyer Hermanos. – Buenos Aires, signifie, Ateliers graphiques et musicaux Breyer Frères.
Nous sommes donc bien en présence de la maison d’édition qui avait acheté pour 50 pesos, les droits de La Cumparsita à Matos.
La seconde partie change toutefois la donne avec la mention « Propiedad exclusiva para la Rep. Oriental del Uruguay, del Sr. Alberto Pérez ».
Cette mention est d’autant plus intrigante qu’elle concerne une partition imprimée par Breyer Hermanos, la même maison qui acquit quelques années plus tôt les droits de La Cumparsita auprès du jeune Gerardo Matos Rodríguez.
On sait aujourd’hui que cette cession fut conclue alors que Matos Rodríguez n’avait pas encore atteint la majorité civile. Les difficultés juridiques qui en résultèrent devaient alimenter pendant plusieurs années les procès opposant le compositeur à Breyer puis à Ricordi.
Dans ce contexte, l’apparition d’un mystérieux Alberto Pérez, titulaire exclusif des droits pour l’Uruguay sur une autre œuvre de Matos Rodríguez, mérite toute notre attention. Aucune source consultée jusqu’à présent ne permet de l’identifier. Il pourrait s’agir d’un éditeur, d’un concessionnaire territorial, d’un intermédiaire commercial ou d’un proche du compositeur, peut-être un supporter du Club qui a voulu « immortaliser » l’hymne à leur club commun.
Il est également envisageable qu’il ait appartenu au même réseau éditorial qui gravitait autour de Matos Rodríguez au moment où furent négociés les premiers droits de La Cumparsita. Ceci pourrait faire apparaître de nouvelles données autour de La Cumparsita.
L’information importante à en tirer est que ce document nous garantit que la partition de Nacional (For Ever) a été imprimée avant 1924, date à laquelle les éditions Breyer sont passées sous la coupe de Ricordi Americana.
Il reste donc un flou temporel pour cette impression qui peut avoir eu lieu entre 1917 et 1924. Cependant, l’intérêt d’imprimer une œuvre qui n’a pas une grande notoriété est assez marginal. Je privilégie donc l’idée d’une commande venant de l’Uruguay, peut-être d’Alberto Perez.
J’émets plusieurs hypothèses sur le rôle d’Alberto Perez. Je continue les investigations et si la situation se dénoue, j’éditerai cet article.
Alberto Perez est peut-être :
Un éditeur uruguayen qui fait appel à un professionnel renommé pour graver quelque chose de compliqué (ce n’est pas la même chose d’éditer un livre et une partition). Mais comme il paye, il se réserve les droits pour son pays. Cette pratique des éditeurs uruguayens auprès des éditeurs spécialisés de Buenos Aires, comme Breyer, Ortelli ou Francalanci est attestée. Cependant, Rodriguez avait fait éditer la Cumparsita par Arista, un imprimeur de Montevideo bien avant. Cependant, il semblerait que cette édition n’ait pas été encore retrouvée. Si c’était le cas, elle pourrait modifier la date d’écriture de la Cumparsita et corroborer les affirmations de Firpo indiquant que cette œuvre aurait été écrite fin 1915, début 1916.
Des preuves de dépôt et d’enregistrement
On trouve ensuite, le dépôt légal de La Milonga azul à la Bibliothèque nationale argentine le 19 octobre 1927.

Du côté de la SADAIC, nous avons les enregistrements des deux œuvres.

Milonga azul est inscrite sans date. Cependant, son numéro d’enregistrement auprès de la SADAIC est antérieur à celui de La Cumparsita 1622607 contre 1914752. Il semblerait donc que Matos a pris soin de cette œuvre, plus que de la célèbre Cumparsita. Je pense qu’il n’a sans doute pas voulu renouveler la douloureuse expérience de vendre son œuvre à un prix dérisoire (50 pesos).
Un autre document renforce cette impression, il s’agit d’une licence qu’accorde Matos à la Victor Talking Machine le 11 septembre 1928 pour l’exploitation de La Milonga azul. C’est quelques mois avant l’enregistrement par Cayetano Puglisi (25 avril 1929). Matos a donc peut-être craint de perdre ses droits comme cela lui était arrivé pour la Comparsita.
Ce document, conservé par le Museo y Centro de Documentación de l’AGADU, nous apprend que La Milonga azul est enregistrée en Uruguay sous la référence 678. Je vous invite à consulter le Temas de Tango « Autour de la naissance de la Victor Argentina » pour consulter l’analyse de ce document exceptionnel.

Le résultat de cette négociation entre Rodriguez et la Victor de Buenos Aires donnera naissance à un disque comportant La Cumparsita sur la face A et La Milonga azul sur la face B. Ces titres ont été enregistrés par Cayetano Puglisi le même jour, le 25 avril 1929, comme le confirment les numéros de matrice 44532–2 (La Cumparsita) et 44533–2 (La Milonga Azul). On note que les deux thèmes gravés sur le disque correspondent aux deuxièmes prises (-2).

Petit détail, on remarquera que l’étiquette autour de l’axe est plus décollée du côté de la face B. C’est que la face A, La Cumparsita, a été plus écoutée…
Histoire de poule et d’œuf
Il est temps de revenir à notre titre double. Il convient de vérifier qui, de La Milonga azul ou de Nacional (For Ever) est le titre premier créé par Rodriguez.
Reprenons la liste des certitudes chronologiques que nous avons :
Fin 1915, début 1916 ou début 1917 : composition de La Cumparsita pour le carnaval de la Federación de estudiantes de Montevideo qui a eu lieu en février 1916 et 1917 (borne temporelle).
1917-04-18 : Rodriguez découvre que Roberto Firpo joue La Cumparsita au Café La Giralda de Montevideo.
1917-11-11 : La coupe d’Uruguay revient en propre à l’équipe du Club Nacional.
1917 (fin d’année) : Rodriguez aurait écrit un tango pour fêter la victoire de son club. C’est fort possible.
Entre 1917 et 1924 : Publication par Breyer frères de la partition de Nacional (For Ever). Probablement plus près de 1917 que de 1924.
1924-06-06 : Enrique Maroni et Pascual Contursi écrivirent des paroles pour La Cumparsita (Si supieras…) pour l’intégrer à leur spectacle « Un programa de cabaret » (Francisco Canaro indique Noche de cabaret lorsqu’il annonce cette utilisation à Matos Rodriguez alors à Paris). C’est peut-être cet élément qui fut déclencheur de l’impression de la partition de Nacional (For Ever). Rappelons que le véritable décollage de La Cumparsita a eu lieu en 1924 et est donc attribué à Maroni et Contursi.
1926-09-02 : Signature du contrat entre Ricordi, qui a repris le fonds de Breyer Frères et par conséquent, la Cumparsita et Matos Rodriguez.
1927-10-19 : Dépôt légal de La Milonga azul à la Bibliothèque nationale argentine.
1928-09-11 : Signature par le représentant de Matos Rodriguez de la convention pour l’enregistrement de La Milonga azul par la Victor.
1929-04-25 : Enregistrement par Cayetano Puglisi de la Milonga Azul.
2007-05-21 : Enregistrement à la SADAIC de Nacional para siempre qui conserve la musique de Matos Rodriguez, mais se voit adjoindre des paroles de Bello Schmitt.
2017–03-26 : Ricardo Olivera chante Nacional (For Ever) pour le centenaire de La Cumparsita et de la coupe d’Uruguay.
2020-04-25 : Publication de l’article sur le site Pueblo Tricolor.
Alors, qui est la poule et qui est l’œuf ?
Je pense qu’il est assez clair que le premier titre est Nacional (For Ever) et que Rodriguez a réutilisé le titre sous la forme de La Milonga Azul, peut-être en vue d’un enregistrement par la Victor. En effet, l’édition La Cumparsita plus La Milonga azul permet d’accompagner le titre vedette de Rodriguez d’un autre œuvre, ce qui fait un disque cohérent. Deux œuvres du même auteur.
Pour terminer en restant avec Matos Rodriguez et l’édition d’un disque à double face mettant en valeur La Cumparsita, je vous propose cette édition de la Victor, de 1926, donc antérieure de trois ans à celle de Puglisi.

Je vous propose d’écouter en premier la face B qui est une rareté.
« Je te connais par cœur », en bon lunfardo (du verbe manyar). C’est un texte qui se moque d’un ancien dur qui n’est plus qu’un fanfaron. Le thème n’est pas nouveau. Ici, le narrateur connait son interlocuteur et ne se laisse pas prendre à ses allures, sa façade.
Le disque porte la mention “Solo con Orquesta”. Non, vous n’avez pas les oreilles bouchées. L’orchestre est effectivement réduit à ces deux instruments. C’était une façon, commerciale, de vendre les disques.
Le reste de la mention indique ”Repertorio Nacional”, qui est assez savoureuse si on considère que La Cumparsita est un tantinet uruguayenne…
On notera qu’il s’agit des paroles de Matos Rodriguez. C’est le disque qui a essayé de faire oublier la version de Gardel de 1924… Nous en reparlerons dans un Temas de tango consacré à la Cumparsita.
À bientôt, les amis !


