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Chacarera – D’après un photogramme de « Bailes típicos de Santiago del Estero » de Guadaconsti

Apprendre à mieux connaître la chacarera

Hier, un de mes sta­giaires DJ m’a demandé com­ment intro­duire une tan­da de chacar­era dans une milon­ga. Je l’ai ren­voyé vers mes arti­cles sur le sujet, mais j’ai eu envie de vous pro­pos­er quelques élé­ments sup­plé­men­taires pour que vous puissiez mieux con­naître cette mer­veilleuse danse et notam­ment com­pren­dre sa struc­ture musi­cale.

J’ai pris comme exem­ple une chacar­era clas­sique, la “Chacar­era del vio­lín”, qui en out­re, reprend une his­toire typ­ique­ment san­ti­agueña (de San­ti­a­go del Estero), berceau de cette danse.

Chacarera del violín

Hermanos Simón (Juan José y Miguel) Letra: Miguel Javier Zírpolo

Tout d’abord, une petite écoute de cette chacar­era par Los Caraba­jal.

Extrait musical

Trois partitions de la Chacarera del violín 1995. De gauche à droite : la mélodie, une version pour trois violons et celle, magnifique et originale avec une introduction incroyable, de Néstor Garnica… Nous l’écouterons en fin d’anecdote.
Trois par­ti­tions de la Chacar­era del vio­lín 1995. De gauche à droite : la mélodie, une ver­sion pour trois vio­lons et celle, mag­nifique et orig­i­nale avec une intro­duc­tion incroy­able, de Nés­tor Gar­ni­ca… Nous l’écouterons en fin d’anecdote.
Chacar­era del vio­lín 1995 — Los Caraba­jal.

Cette chacar­era écrite par les frères Simón avec des paroles Javier Zír­po­lo est à juste titre une des plus con­nues. J’ai choisi cette ver­sion pour l’étude, car elle est d’une struc­ture sim­ple.

Mieux connaître la chacarera, comment en reconnaître la structure.

Si vous êtes danseur débu­tant et que le DJ est sym­pa, vous n’aurez que des chacar­eras dites à 8 mesures (8 com­pas­es). La chacar­era enreg­istrée par Los Caraba­jal est de ce type.

Elle est con­sti­tuée de plusieurs élé­ments.

Avec un petit dessin, c'est plus clair. La chacarera est presque toujours en deux parties (A et B). De haut en bas : Sur fond noir, les parties (A et B), sur fond céleste, les éléments constitutifs de la structure, Sur fond blanc, les mesures (compases), de nouveau sur fond céleste, instrumental ou chanté (attention cela est très variable d’une chacarera à l’autre. Cela correspond ici à notre chacarera par Los Carabajal et c’est la forme la plus facile à danser car il est facile de se repérer). Sur fond jaune, les annonces faites par l’orchestre (ou le DJ). En rouge, les chorégraphies de la danse. © DJ BYC Bernardo 2026.
Avec un petit dessin, c’est plus clair. La chacar­era est presque tou­jours en deux par­ties (A et B). De haut en bas : Sur fond noir, les par­ties (A et B), sur fond céleste, les élé­ments con­sti­tu­tifs de la struc­ture, Sur fond blanc, les mesures (com­pas­es), de nou­veau sur fond céleste, instru­men­tal ou chan­té (atten­tion cela est très vari­able d’une chacar­era à l’autre. Cela cor­re­spond ici à notre chacar­era par Los Caraba­jal et c’est la forme la plus facile à danser car il est facile de se repér­er). Sur fond jaune, les annonces faites par l’orchestre (ou le DJ). En rouge, les choré­gra­phies de la danse. © DJ BYC Bernar­do 2026.
  • L’ intro­duc­tion per­met aux danseurs de se met­tre en place, face à face par cou­ple, générale­ment sur une ou plusieurs rangées, les hommes d’un côté et les femmes de l’autre. Cette intro­duc­tion peut être très longue, mais aus­si très courte, avec par­fois des pièges pour le début de la danse.
  • L’orchestre joue ensuite la présen­ta­tion de l’interlude. Ce moment est très impor­tant pour les danseurs, car il va vous don­ner des indi­ca­tions sur le nom­bre de mesures pour les vueltas (aller-retours) des inter­ludes. Vous n’êtes pas for­cé­ment fam­i­li­er avec le terme de mesure qui appar­tient au vocab­u­laire du musi­cien, mais ce n’est pas très grave, nous allons voir à quoi cela ressem­ble en vidéo. Durant l’introduction et la présen­ta­tion (de l’in­ter­lude), les danseurs frap­pent des mains. Par­fois l’orchestre ou le DJ encour­age cela en annonçant « pal­mas ».
  • À la fin de l’exposition de l’in­ter­lude, les danseurs savent qu’ils auront affaire à une chacar­era à 6 ou 8 mesures (8 dans notre exem­ple du jour).
  • Sou­vent, l’orchestre annonce “Aden­tro” pour annon­cer qu’on entre dans la danse. Le plus sou­vent, c’est aus­si le début de la par­tie chan­tée, mais pas tou­jours. Cer­taines chacar­eras sont instru­men­tales et cer­taines sont entière­ment chan­tées et quelques-unes com­men­cent à chanter avant le Aden­tro (comme la Tele­si­ta par Los Manseros San­ti­agueños). Mais ras­surez-vous, le DJ sym­pa ne vous dif­fusera pas cela, ou alors, il vous prévien­dra… En effet, un départ raté met la pagaille dans la chacar­era et c’est moche à regarder…
  • Après le aden­tro, com­mence la par­tie A avec une stro­phe. Durant les 4 mesures suiv­antes, les danseurs avan­cent et recu­lent. Puis, ils font un petit tour sur les 4 mesures suiv­antes. ATTENTION, si l’orchestre joue cette stro­phe une troisième fois (12 mesures en tout), c’est une chacar­era doble et la choré­gra­phie est dif­férente (mais ras­surez-vous, les DJ ne met­tent cela que quand ils ont de bons danseurs sur la piste. En revanche, les orchestres don­nent plutôt la pri­or­ité à la musique et c’est donc aux danseurs de recon­naître le type de chacar­era (voire une autre danse sem­blable, comme le gato…).
  • Les chanteurs se taisent et c’est de nou­veau l’in­ter­lude (que vous avez déjà enten­du pen­dant la présen­ta­tion). Les danseurs font un aller et retour (Vuelta) sur 8 mesures, si c’est une chacar­era de 8 com­pas­es. Si c’est une chacar­era de 6 com­pas­es ou pire, trun­ca, il fau­dra effectuer l’aller-retour plus rapi­de­ment pour revenir en posi­tion pour la suite.
  • La suite, c’est la reprise de la stro­phe et du chant. Les hommes font des zap­ateos (en gros, des cla­que­ttes sur un rythme de malam­bo) et les femmes font des fig­ures avec leurs jupes.
  • L’in­ter­lude, instru­men­tal, invite de nou­veau à la vuelta (aller-retours).
  • La stro­phe, chan­tée, revient pour 8 mesures.
  • La coda (estri­bil­lo) ter­mine la pièce, mais atten­tion, elle est sou­vent chan­tée, il ne faut donc pas croire que c’est la stro­phe qui n’est pas ter­minée et rester à faire des zap­ateos ou zaran­deos ; il faut faire une demi vuelta.
  • Dans cette ver­sion, l’orchestre crie « Aura » ce qui vous alerte sur l’arrivée de la fin et évite aux étour­dis de faire le retour de la vuelta. Sur les 4 pre­mières mesures, les danseurs font un aller et, sur les 4 suiv­antes, un petit tour et les cou­ples se retrou­vent face à face, à l’arrêt. Les cou­ples dis­traits peu­vent se retrou­ver séparés au lieu d’être au cen­tre, d’où l’importance de repér­er le final, surtout si l’orchestre ou le DJ n’annonce pas « Aura ».

La musique reprend et on recom­mence le tout. C’est la par­tie B, la pre­mière était, bien sûr, la A.

Avec une vidéo, ce sera plus clair…

Main­tenant que vous con­nais­sez l’air et les grandes lignes de la chacar­era, je vous invite à con­sul­ter cette vidéo que j’ai pré­parée à votre inten­tion. Elle n’est pas des­tinée à vous appren­dre les pas, mais à com­pren­dre la musique.

Chacar­era del vio­lín 1995 — Los Caraba­jal. En haut, les stro­phes et inter­ludes et le comp­tage des com­pas­es (mesures). Au cen­tre à gauche, la référence de la par­tie (A ou B). Au cen­tre, les indi­ca­tions vocales de l’orchestre (fond de nuage bleu) ou les mou­ve­ments de danse, en blanc. En bas, les paroles.

Paroles

Vio­lín que sue­na a lo lejos
Al son de una chacar­era
Con el vien­to gime triste
Como un lamen­to del Kakuy Turay

¿De dónde viene ese viejo?
Ha de ser el mis­mo Supay
Dicen que se ha queda­do ciego
De tan­to llo­rar­le a la Tele­si­ta

Camino de Manogas­ta
De Sumam­pa y de Mailín
Lo han vis­to pasar llo­ran­do
Pobre cie­gui­to, tocan­do el vio­lín

Se que­ma la Tele­si­ta
Bai­lan­do está sin cesar
Que baile la pobrecita
Siem­pre por ella el vio­lín llo­rará

El día viene lle­gan­do
Y el cie­gui­to ya se va
Se ha muer­to la Tele­si­ta
De tan­to y tan­to bailar y bailar

Ya no can­tan más las aves
Y todo en silen­cio está
Tal vez se ale­gren los cam­pos
Cuan­do pa’l año vuel­va el car­naval

Y el ciego con su vio­lín
Por el camino ven­drá
Tocan­do esta chacar­era
Para que baile la Tele­si­ta

Se que­ma la Tele­si­ta
Bai­lan­do está sin cesar
Que baile la pobrecita
Siem­pre por ella el vio­lín llo­rará
Her­manos Simón (Juan José y Miguel) Letra: Miguel Javier Zír­po­lo

Traduction libre

Un vio­lon qui résonne au loin au son d’une chacar­era, gémis­sant tris­te­ment avec le vent, comme une lamen­ta­tion du Kakuy Turay.

(Le “Kakuy” ou “Uru­taú” est un oiseau noc­turne d’Amérique du Sud, con­nu pour son chant mélan­col­ique ressem­blant à un pleur humain. Une légende quechua racon­te qu’un frère cru­el a aban­don­né sa sœur dans un arbre. Celle-ci finit par se trans­former en cet oiseau, dont le cri “Kakuy! Turay!” “Frère ! Mon frère ! en quechua, exprime la douleur).

 Jeune de Kakuy" ou "Urutaú. Il semble se confondre avec l’arbre, comme une branche. On l’appelle aussi « oiseau fantôme ». C’est actuellement une espèce en voie de disparition.
Jeune de Kakuy” ou “Uru­taú. Il sem­ble se con­fon­dre avec l’arbre, comme une branche. On l’appelle aus­si « oiseau fan­tôme ». C’est actuelle­ment une espèce en voie de dis­pari­tion.

D’où vient ce vieil homme ?
Ça doit être Supay lui-même. (Supay est dans la mytholo­gie quechua et inca, le sym­bole du mal absolu).
On dit qu’il est devenu aveu­gle à force de tant pleur­er la Tele­si­ta. (Non, la Tele­si­ta n’est pas une héroïne de feuil­leton de télévi­sion, mais une jeune fille, Telés­fo­ra Castil­lo, qui ado­rait danser. Un jour où il fai­sait froid, elle s’est endormie trop près d’un feu de bois et a brûlé. La Tele­si­ta est le titre d’une autre chacar­era célèbre).
Les chemins de Manogas­ta, Sumam­pa et Mailín (trois villes de la province de San­ti­a­go del Estero), l’ont vu pass­er en pleu­rant.
Pau­vre petit aveu­gle, qui joue du vio­lon
La Tele­si­ta brûle (au sens pro­pre, pas seule­ment par la danse…), dansant sans cesse.
Qu’elle danse, la pau­vre, tou­jours, pour elle, pleur­era le vio­lon.
Le jour arrive et l’aveu­gle part déjà.
La Tele­si­ta est morte à force de tant danser et danser.
Les oiseaux ne chantent plus et tout est silen­cieux.
Peut-être que les champs se réjouiront, lorsque, dans l’année, revien­dra le car­naval.
Et l’aveu­gle avec son vio­lon, par les chemins, vien­dra, jouant cette chacar­era pour que danse la Tele­si­ta.
La Tele­si­ta brûle, dansant sans cesse.
Qu’elle danse, la pau­vre, tou­jours, pour elle, pleur­era le vio­lon.

Autres versions

Il existe des dizaines d’enregistrements de cette chacar­era. Je vous en pro­pose seule­ment trois, de car­ac­tère légère­ment dif­férent.

Chacar­era del vio­lín 1995 — Los Caraba­jal.

Chacar­era del vio­lín 1995 — Los Caraba­jal. C’est notre ver­sion du jour, vous la con­nais­sez par cœur, surtout si vous avez suivi la vidéo.

Chacar­era del vio­lín — El Chaque­ño Palave­ci­no.

Il s’agit d’une ver­sion instru­men­tale. Vous pou­vez vous exercer à retrou­ver les par­ties, sans le sup­port de la voix chan­tée. L’orchestre annonce toute­fois Aden­tro et le final. Pour les oreilles aver­ties, la musique évolue, ce qui aide à dis­tinguer les par­ties, avec des petites dif­férences dans l’harmonisation.

Chacar­era del vio­lín 2002-05-01 — Nés­tor Gar­ni­ca.

Main­tenant que vous êtes devenus experts, voici une ver­sion mag­nifique, mais qui peut vous sur­pren­dre. Écoutez-là et essayez de dis­tinguer les par­ties. Au moins deux par­tic­u­lar­ités peu­vent vous faire per­dre le fil. Si vous êtes DJ, il fau­dra bien encadr­er vos danseurs… On en repar­le sous la cou­ver­ture du CD…

La fiesta del violinero - Néstor Garnica
La fies­ta del vio­linero — Nés­tor Gar­ni­ca

Avez-vous iden­ti­fié les par­tic­u­lar­ités qui pour­raient gên­er les danseurs ?

  • La très longue intro­duc­tion d’environ 35 sec­on­des. C’est une durée excep­tion­nelle, surtout que le car­ac­tère de la chacar­era n’est pas annon­cé. Ce sera donc au DJ de ras­sur­er les danseurs.
  • Comme pour la ver­sion de El Chaque­ño Palave­ci­no, la chacar­era n’est pas chan­tée. Les change­ments sont cepen­dant clairs et on peut espér­er ne pas per­dre trop de danseurs.
  • L’enchaînement entre la pre­mière par­tie (A) et la sec­onde (B) est courte et rapi­de. Heureuse­ment, les claque­ments de mains (pal­mas) per­me­t­tent de mieux repér­er ce moment de tran­si­tion.
  • La par­tie B de la chacar­era est chan­tée, ce qui per­me­t­tra de rec­oller les wag­ons per­dus à cause du rythme très rapi­de.
  • Les danseurs ter­mi­nent la reprise, dans l’espoir d’un repos bien mérité après ce rythme endi­a­blé. Le chanteur chante presque a capela.
  • Mais, que se passe-t-il ? L’orchestre reprend de plus belle. Est-ce un curieux final ? Les danseurs se deman­dent : ai-je oublié une vuelta ? Non, c’est une sec­onde reprise.
  • Cette sec­onde reprise est instru­men­tale, déchaînée, le vio­lon est fou. Est-ce qu’une qu’il va s’arrêter ou lancer une troisième reprise ? Non, il s’apaise soudaine­ment dans un long coup d’archer.

Aviez-vous iden­ti­fié ces deux dif­fi­cultés prin­ci­pales ?

Leur présence ne veut pas dire qu’il faut faire l’impasse sur cette ver­sion sub­lime. Il faut juste pren­dre des pré­cau­tions. Si les danseurs peinent dans une chacar­era clas­sique, il ne faut pas leur pro­pos­er. Ce serait une cat­a­stro­phe sur la piste.

Si, en revanche on a des danseurs d’un niveau cor­rect, on peut ten­ter. Éventuelle­ment avec une ver­sion qu’on aura tron­quée pour qu’elle soit sous la forme clas­sique. En revanche, si on est en présence de très bons danseurs, ils vous en voudront à mort d’avoir amputé une reprise.

Je pense donc que le mieux est de réserv­er cette ver­sion aux « grandes occa­sions » et d’aider les danseurs en annonçant aupar­a­vant qu’elle sera jouée trois fois au lieu de deux. Il fau­dra aus­si attir­er l’attention des étour­dis pour qu’ils ne quit­tent pas la piste…

Pour en savoir plus

J’attire l’attention des DJ qui veu­lent être sym­pas et des danseurs curieux, sur des doc­u­ments plus spé­ci­fiques. https://dj-byc.com/chacarera-pour-for-para-tango-djs-conseils-tips-consejos/

Voilà, les amis. Il reste énor­mé­ment à dire sur la chacar­era. Ce sera pour une autre fois.

Une des rares fois où je peux aller danser la chacarera quand je suis le DJ de la milonga, quand tous les danseurs sont sur la piste et autonomes.
Une des rares fois où je peux aller danser la chacar­era quand je suis le DJ de la milon­ga, quand tous les danseurs sont sur la piste et autonomes. Pho­to André Le Corre.
Chacarera – D’après un photogramme de « Bailes típicos de Santiago del Estero » de Guadaconsti
Pho­to de cou­ver­ture Chacar­era – D’après un pho­togramme de « Bailes típi­cos de San­ti­a­go del Estero » de Guada­con­sti

Buscándote 1941-12-30 — Orquesta Osvaldo Fresedo con Ricardo Ruiz

Eduardo “Lalo” Scalise (Eduardo Scalise Regard)

Buscán­dote est un des thèmes les plus émou­vants du tan­go. Par la qual­ité de la musique et des paroles de Eduar­do “Lalo” Scalise El poeta del piano, mais aus­si par la sim­plic­ité et la ron­deur de l’interprétation par Frese­do et Ruiz, pour notre tan­go du jour. Nous allons en prof­iter pour regarder de plus prêt com­ment fonc­tionne une par­ti­tion.

Extrait musical

Buscán­dote 1941-12-30 — Orques­ta Osval­do Frese­do con Ricar­do Ruiz
Pre­mière page de la par­ti­tion retran­scrite par Lucas Cáceres.

Cette pre­mière page présente les qua­tre pre­mières mesures. On voit les dif­férents instru­ments. T (ténor, Ricar­do Ruiz, dans cet enreg­istrement), puis 4 vio­lons, 4 ban­donéons, un piano et une con­tre­basse.
À l’armure, il y a deux diès­es, nous sommes en Si mineur. Un mode nos­tal­gique, voire triste. Dans la pre­mière mesure, on remar­que qu’il y a une seule note, un la à la main gauche du piano. La deux­ième mesure com­mence avec la sec­onde note du piano, un fa# de 4 temps (note ronde). En même temps, la con­tre­basse com­mence à mar­quer tous les temps (4 par mesure) en com­mençant par un Ré, puis un La et elle va effectuer un mou­ve­ment de bas­cule entre deux notes, Do# Fa# à la mesure suiv­ante et ain­si de suite sur env­i­ron la moitié des mesures de la par­ti­tion. Cela porte la marche, chaque temps est indiqué. Libre aux danseurs de les effectuer ou de choisir plutôt de s’aligner sur des élé­ments de la mélodie.
On remar­quera que les ban­donéons et vio­lons qui débu­tent aus­si à la deux­ième mesure com­men­cent par un silence, suivi de trois croches. Ce motif se répète. Il est assez dis­cret, mais vous n’aurez pas de peine à repér­er ce pouf pouf pouf — pouf pouf pouf dans le début de la musique. L’envolée des vio­lons y met fin, pour com­mencer à énon­cer la pre­mière par­tie (A).

La par­ti­tion du ténor avec la pho­to de Ricar­do Ruiz. J’ai rajouté le début des paroles en rouge. La par­ti­tion a été pro­posée égale­ment par Lucas Cáceres.

Ici, c’est la par­ti­tion du ténor (Ricar­do Ruiz dans notre cas) qui ne com­mence à chanter qu’à par­tir de la mesure 43 (en lev­ée de la 44).
On se sou­vient que le début de la par­ti­tion était en Ré mineur, après un pas­sage en Fa mineur, Ruiz com­mence à chanter en Fa majeur. La présence de diès­es sur 4 des Sols et un Do, font bas­culer cer­tains pas­sages en Ré mineur).

Roue des modes, majeurs et mineurs, avec le nom des notes à gauche, et avec les let­tres à droite.

Une petite aide pour vous aider à vous repér­er dans les tonal­ités. Le nom­bre de diès­es ou bémols à la clef donne la tonal­ité dont le mode peut être majeur ou mineur. Pour décider, il faut écouter. Sou­vent, il y a beau­coup de change­ments de tonal­ités et des altéra­tions (Diès­es, ou Bémols) ponctuelles qui ren­dent dif­fi­cile de décider la tonal­ité exacte util­isée. Mais ce n’est pas si impor­tant, ce qui l’est, c’est unique­ment de savoir si c’est majeur ou mineur, pour adapter la danse à la sen­si­bil­ité de la musique, donc l’écoute est suff­isante.
Main­tenant que vous êtes au point, je vous pro­pose de suiv­re la par­ti­tion durant l’écoute, grâce au tra­vail remar­quable de Lucas Cáceres.

Par­ti­tion ani­mée de Buscán­dote, une vidéo réal­isée par Lucas Cáceres.

Vous remar­querez qu’il y a toutes les par­ties, et qu’il y a donc beau­coup de change­ments de pages. Dans un orchestre, chaque instru­ment n’a que sa par­tie et si cela vous intéresse, vous pou­vez vous les obtenir en vous abon­nant à son Patre­on.
Assez par­lé de la musique, intéres­sons-nous aux paroles, main­tenant.

Paroles

Vagar con el can­san­cio de mi eter­no andar
tris­teza amar­ga de la soledad
ansias enormes de lle­gar.
sabrás que por la vida fui buscán­dote
que mis ensueños sin quer­er vencí
que en algún cruce los dejé
mi andar apresuré
con la esper­an­za de encon­trarte a ti
lar­gos caminos hil­vané
leguas y leguas recor­rí por ti
después que entre tus bra­zos pue­da des­cansar
si lo pre­fieres volveré a mar­char
por mi camino de ayer
sabrás que por la vida fui buscán­dote
que mis ensueños sin quer­er rompí
que en algún cruce los dejé
mi andar apresuré
con la esper­an­za de encon­trarte a ti
lar­gos caminos hil­vané
leguas y leguas recor­rí por ti
después que entre tus bra­zos pue­da des­cansar
si lo pre­fieres volveré a mar­char
por mi camino de ayer.
Eduar­do “Lalo” Scalise (Eduar­do Scalise Regard)

Traduction libre

Errer avec la fatigue de ma marche éter­nelle, l’amère tristesse de la soli­tude, l’énorme désir d’ar­riv­er.
Tu sauras qu’à tra­vers la vie je t’ai cher­chée, que j’ai dépassé mes rêves sans le vouloir, qu’à un croise­ment je les ai lais­sés. Ma marche pré­cip­itée dans l’e­spoir de te trou­ver.
Après que je pour­rai me repos­er dans tes bras, si tu préfères, je retourn­erai à marcher par mon chemin d’hi­er.
Tu sauras qu’à tra­vers la vie je t’ai cher­chée, que j’ai dépassé mes rêves sans le vouloir, qu’à un croise­ment je les ai lais­sés. Ma marche pré­cip­itée dans l’e­spoir de te trou­ver.
J’ai enchaîné de longues routes, des lieues et des lieues que j’ai par­cou­rues pour vous.
Après que je pour­rai me repos­er dans tes bras, si tu préfères, je retourn­erai à marcher par mon chemin d’hi­er.

Autres versions

Il n’y a pas d’enregistrement de l’âge d’or, autre que celui de Frese­do et Ruiz. Cepen­dant, la pas­sion européenne pour Frese­do fait que beau­coup d’orchestre du 21e siè­cle se sont lancés dans l’enregistrement de ce chef d’œuvre, avec des for­tunes divers­es.

Buscán­dote 1941-12-30 — Orques­ta Osval­do Frese­do con Ricar­do Ruiz. C’est notre tan­go du jour, le mètre étalon, la référence absolue.
Buscán­dote 2000-06-01 — Klaus Johns.

Une ver­sion instru­men­tale avec un par­ti pris de tem­po par­ti­c­ulière­ment lent. C’est prob­a­ble­ment à class­er au ray­on des étrangetés, mais cer­taine­ment pas à pro­pos­er au bal.

Buscán­dote 2012 — Sex­te­to Milonguero con Javier Di Ciri­a­co.

On ne présente plus cet orchestre qui a fait notre joie, et notam­ment son Directeur, chanteur, Javier Di Ciri­a­co, pen­dant une quin­zaine d’années.

Buscán­dote 2012 — Solo Tan­go Orques­ta.

Cet orchestre russe a égale­ment son pub­lic. Ils pro­posent, ici, une ver­sion instru­men­tale.

Buscán­dote 2013 — Ariel Ardit y Orques­ta Típi­ca.

L’incroyable solo de vio­lon qui ouvre cette ver­sion peut sur­pren­dre. Mais, une fois lancé, avec un rythme bien mar­qué par les ban­donéons et tou­jours dom­iné par les cordes et ce superbe vio­lon, fait que c’est cer­taine­ment une ver­sion « chair de poule » pour beau­coup. La belle voix, puis­sante et chaude d’Ariel Ardit ter­mine de faire de cette ver­sion remar­quable. Pour la danse, les arras­tres d’Ariel peu­vent gên­er cer­tains danseurs et le rythme rapi­de peut faire que l’on préfère d’autres ver­sions. Je pense qu’en Europe cette inter­pré­ta­tion aurait des ama­teurs.

Buscán­dote 2013 — Hype­r­i­on Ensem­ble con Rubén Peloni.

Après l’écoute de l’enregistrement d’Ariel Ardit, cette ver­sion tran­quille peut paraître un peu faible, mais il faut la com­par­er à notre étalon, la ver­sion de Frese­do et Ruiz, pour voir que c’est une belle réal­i­sa­tion, intime et bien accordée au thème de la chan­son.

Buscán­dote 2014 (En vivo) — Sex­te­to Milonguero con Javier Di Ciri­a­co.

Une ver­sion avec pub­lic qui per­met de se sou­venir de l’ambiance que met­tait cet orchestre. C’était à Rosario (Argen­tine) lors de l’Encuentro Tanguero del Inte­ri­or (ETI). J’ai eu la chance de voir et écouter cet orchestre de nom­breuses fois, c’est vrai­ment dom­mage qu’il n’existe plus.

Buscán­dote 2015 — Cuar­te­to SolTan­go.

Ce cuar­te­to, avec beau­coup moins d’instruments s’approche de la ver­sion de Frese­do. Une belle per­for­mance. Le solo de vio­lon qui rem­place la voix de Ricar­do Ruiz, bien que bien chan­tant, est sans doute ce qui peut faire baiss­er la valeur de l’ensemble, sauf pour les danseurs qui n’aiment pas les chanteurs. Si, il y en a, et, à mon avis, la prin­ci­pale rai­son, est que cer­tains DJ met­tent des chan­sons tan­go au lieu de véri­ta­bles tan­gos chan­tés de danse.

Buscán­dote 2015 — Orques­ta La 2X4 Rosa­ri­na con Martín Piñol.

Retour à une ver­sion chan­tée. La voix de Martín Piñol pour­rait béné­fici­er d’un orchestre plus accom­pli. La prise de son mérit­erait d’être meilleure égale­ment. Le résul­tat ne risque pas de détrôn­er, la ver­sion de Frese­do qui en est claire­ment le mod­èle.

Buscán­dote 2015-07-09 — Esquina Sur con Diego Di Mar­ti­no.

Je vous avais bien dit qu’il y avait une folie à notre époque pour Frese­do. Cet enreg­istrement de Esquina Sur en est une autre preuve. La voix de Di Mar­ti­no, s’élance légère et flu­ide par-dessus l’orchestre, ce n’est pas vilain, mais là encore, Frese­do et Ruiz restent en tête.

Buscán­dote 2016-03-01 — El Cachivache Quin­te­to.

El Cachivache signe une ver­sion plus per­son­nelle, qui n’est pas qu’une sim­ple imi­ta­tion de Frese­do et on leur en est gré, même si l’utilisation d’autres instru­ments comme la gui­tare élec­trique peut don­ner des bou­tons à des milongueros sclérosés. C’est une ver­sion instru­men­tale, mais la diver­sité des vari­a­tions fait que ce n’est pas monot­o­ne. L’entrée avec une gamme de do majeur descen­dent suiv­ie d’une gamme ascen­dante est très orig­i­nale. Le final est égale­ment intéres­sant, c’est une ver­sion qui peut faire l’affaire avec des tangueros curieux. Elle devrait plaire aus­si à Angela C. car il y a une bonne pro­por­tion de mode majeur dans cette ver­sion, con­traire­ment à la ver­sion de Frese­do qui est majori­taire­ment en mode mineur 😉

Buscán­dote 2016-12 — Orques­ta Román­ti­ca Milonguera con Rober­to Minon­di.

Avec la Román­ti­ca Milonguera on revient à un reg­istre plus clas­sique, même si cet orchestre a su créer son pro­pre son. Ici, c’est Rober­to Minon­di qui nous rav­it.

Buscán­dote 2019 — Cuar­te­to Mulen­ga. Cette ver­sion présente l’intérêt de voir les instru­men­tistes opér­er. Mais ce titre est aus­si sur CD. Cliquez sur le lien pour voir la vidéo. https://youtu.be/WHJq2fwE3Fk . Vidéo réal­isée au Bode­gon (restau­rant) El Des­ti­no, à Quilmes (Province de Buenos Aires).

Buscán­dote 2021-03 Orques­ta Típi­ca Andar­ie­ga.

Un début orig­i­nal, qui peut faire douter durant les 30 pre­mières sec­on­des qu’on écoute Buscán­dote. On notera la descente de piano, très orig­i­nale durant ce début. Le reste de l’orchestration renou­velle égale­ment l’œuvre, qui est comme décom­posée, déstruc­turée au prof­it de solos qui se super­posent. C’est presque un ensem­ble de cita­tions de l’œuvre orig­i­nale, plus qu’une inter­pré­ta­tion au sens habituel. La fin ne dis­sipera pas cette impres­sion.

Je te cherche, pas à pas

Comme DJ, je m’intéresse à savoir com­ment les danseurs vont pou­voir inter­préter la musique que je pro­pose.
J’ai trou­vé cette petite pépite, réal­isée par Jua­na Gar­cía y Julio Rob­les. Elle mon­tre les temps et con­tretemps.

Cliquez sur le lien pour con­sul­ter la vidéo. https://youtu.be/RjNY9pnNUoA

Pos­er les pieds en rythme est la toute pre­mière étape du danseur de tan­go et, même si cer­tains ne s’y résol­vent pas, il me sem­ble qu’il faut aller beau­coup plus loin, le tan­go étant une danse d’improvisation. On tir­era cepen­dant de cette vidéo un élé­ment très intéres­sant, la sépa­ra­tion entre les dif­férentes par­ties. Savoir les repér­er per­met d’adapter la danse en changeant le style pour chaque par­tie.
Il faut aus­si savoir dis­tinguer la phrase musi­cale, afin que le cou­ple se retrou­ve dans un état d’attente ou pour le moins cohérent avec la prochaine tran­si­tion ou enchaîne­ment de phras­es. Cer­tains comptent de 1 à 8, mais c’est beau­coup plus agréable de se laiss­er porter par la struc­ture de la musique.
Je décon­seille donc le comp­tage, sauf pour des choré­gra­phies en groupe, ce qui n’est pas du même domaine que le tan­go social qui nous intéresse ici, car je trou­ve dom­mage d’occuper son cerveau dans une tâche qui n’aide pas à enten­dre la musique.
Il me sem­ble qu’il est ample­ment préférable de tra­vailler son « instinct », car, rapi­de­ment, le corps saura quand la musique va chang­er et, incon­sciem­ment, il va se pré­par­er, ce qui vous per­me­t­tra de danser l’esprit totale­ment libre, en vous lais­sant porter.
Ce même instinct sert au DJ pour iden­ti­fi­er les musiques plus dans­ables que d’autres. Le DJ fait marcher ses danseurs et eux le suiv­ent. Il a donc la respon­s­abil­ité d’ouvrir la voie et de leur pro­pos­er des chemins dont les dif­fi­cultés sont adap­tées.

À bien­tôt, les amis, mer­ci de me suiv­re.

À bien­tôt, les amis, mer­ci de me suiv­re.

Symboles musicaux et danse de tango

Très peu de danseurs de tan­go lisent la musique, mais les com­po­si­tions de tan­go com­por­tent des élé­ments qui influ­ent sur la danse.
J’ai recen­sé quelques élé­ments courants dans les par­ti­tions et mis en face l’ef­fet que cela pour­rait pro­duire pour la danse.
Cet élé­ment est un extrait du chapitre 4 du cours de musi­cal­ité pour danseurs de tan­go.

Quelques motifs musicaux à repérer

La musique n’est pas une suc­ces­sion de notes de valeur égale. Nous avons vu que le mode pou­vait être majeur, mineur, que les rythmes pou­vaient être très dif­férents, qu’il y avait des moments de pause, de ralen­tisse­ment, des moments plus intens­es, plus forts et d’autres plus calmes, plus doux.
Les com­pos­i­teurs écrivent des indi­ca­tions pour les inter­prètes afin qu’ils respectent l’esprit de la musique en sor­tant d’une nota­tion musi­cale qui est d’ordre math­é­ma­tique plus qu’artistique.

Vitesse

La pre­mière indi­ca­tion est celle du tem­po, la vitesse. Cela con­cerne totale­ment les musi­ciens mais pas vrai­ment les danseurs qui doivent suiv­re le tem­po imposé par la musique. Cepen­dant, comme nous l’avons vu, les danseurs peu­vent évoluer en inter­pré­tant le rythme, sur les temps, deux fois plus vite, deux fois plus lente­ment, en faisant des paus­es. C’est en général la richesse de la com­po­si­tion musi­cale des tan­gos qui per­met la var­iété. Les danseurs peu­vent pass­er d’un instru­ment à l’autre, par exem­ple.
Sur la par­ti­tion, on peut trou­ver :
largo (« large »), lento (« lent »), ada­gio (« tran­quille »), mod­er­a­to (« mod­éré »), alle­gro (« allè­gre »), presto (« pressé »). Si la musique est lente, il serait assez mal venu quel les danseurs dansent à toute vitesse et tout autant peu com­préhen­si­ble s’ils se met­taient à faire les tortues sur une milon­ga déchaînée.
Sur la par­ti­tion, on trou­ve par­fois la men­tion rall pour ral­len­ten­do (« en ralen­tis­sant »), voire plus rarement ritard pour ritar­dan­do (« en retar­dant »).
Pour ces dernières indi­ca­tions, le cou­ple de danseurs ne le sait pas, mais il doit être atten­tif à la musique et accom­pa­g­n­er le ralen­tisse­ment en adap­tant ses mou­ve­ments.
Le cas extrême est le break où la musique s’arrête totale­ment.

Nuances

Lorsque deux per­son­nes par­lent, elles adaptent dif­férents niveaux sonores. Elles peu­vent exprimer des sen­ti­ments en vari­ant la voix, par exem­ple pour mar­quer la sur­prise, la colère, l’interrogation… Imag­inez comme il serait ennuyeux de voir une pièce de théâtre avec les acteurs qui par­leraient avec une voix mono­corde sans expres­sion.
En musique, c’est pareil. Pour éviter la monot­o­nie, les musi­ciens met­tent des nuances. Ils aug­mentent ou bais­sent le vol­ume sur des par­ties plus ou moins grandes, voire sur des notes isolées.
pp pianis­si­mo (« tout doux, presque silen­cieux »), p piano (« avec un vol­ume mod­éré »), mp mez­zo piano (« moyen­nement doux ») ; mf mez­zo forte (« moyen­nement fort »), f forte (« fort »), ff voir fff for­tis­si­mo (« très fort voire très fort ».
Les danseurs ne font pas beau­coup de bruit, mais si la musique est piano ou pianis­si­mo, il serait mal venu de faire de bruyants claque­ment de talon. La danse sera plus sou­ple et moins per­cu­tante. À l’inverse, une musique plus forte peut laiss­er libre court à des fan­taisies plus bruyantes de la part des danseurs, comme des frap­pés de pieds.
Notez qu’il existe aus­si le crescen­do et le decrescen­do qui sont respec­tive­ment une mon­tée du vol­ume et une baisse de vol­ume. Ces indi­ca­tions peu­vent aus­si don­ner lieu à inter­pré­ta­tion.
ATTENTION, un decrescen­do, éventuelle­ment accom­pa­g­né d’un ralen­tisse­ment, sert sou­vent pour annon­cer une nou­velle par­tie, ou le début de la par­tie chan­tée. C’est donc une aide pour l’improvisation.
Par­fois, le crescen­do est suivi immé­di­ate­ment d’un decrescen­do. On appelle cela un souf­flet, mais si c’est rel­a­tive­ment court, cela peut être facile­ment inter­prété, la par­tie la plus forte étant le point cul­mi­nant de la fig­ure.
Ces nuances s’appliquent par­fois à une seule note. On par­le alors d’accent. La note en ques­tion est sur­mon­tée du signe « > ».
Par­fois, le fait de rajouter une altéra­tion (dièse ou bémol) à une note lui donne une couleur par­ti­c­ulière. Les danseurs qui l’auront remar­qué pour­ront la met­tre en valeur.

Les symboles de la musique et la danse