Archives par étiquette : Noches de Buenos Aires (film de 1935 de Manuel Romero)

Cogote

Cogote 1935-04-23 — Orquesta Francisco Canaro con Roberto Maida y coro

Alberto Soifer Letra: Manuel Romero

Cogote n’est sans doute pas le tan­go le plus con­nu de Canaro, mais il est dans la veine de ces tan­gos qui se moquent des tra­vers des con­tem­po­rains, ici Cogote à la tête de mel­on.
Encore une fois, ce tan­go a vu le jour pour un film et, en plus de l’interprétation de Canaro et Mai­da, vous pour­rez voir celle, moins con­nue, de Tita Merel­lo.

Extrait musical

Partition de Cogote…
Par­ti­tion de Cogote…
Cogote 1935-04-23 — Orques­ta Fran­cis­co Canaro con Rober­to Mai­da y coro

Paroles

Traés llevas, haces de sec­re­tario
Y preparas el pla­to a tu patrón
Y entre mirar tu labor de emis­ario
Lig­as un canario por tu comisión

Tenés cachet de tipo mil­lonario
Y quien te ve fuman­do
Un Parta­gas

No quieren creer
Que ganas un salario
Como inter­me­di­ario
De quien pague más

Cogote
Cua­tro pelos de big­ote
Gran galera y gran bastón
Que vivís cómo un pegote
De la man­ga es tu patrón

Cogote
Estás pidi­en­do un gar­rote
Pre­ten­cioso, monig­ote
Tu cabeza de melón
Alber­to Soifer Letra: Manuel Romero

Traduction libre

Tu apportes, tu emportes, tu fais le secré­taire et tu pré­pares le plat (plaisirs…) de ton patron.
Et regar­dant ton tra­vail d’émis­saire, tu empoches (lies) un canari (bil­let de 10 pesos de couleur jaune, d’où le nom. Ce bil­let a eu cours de 1899 à 1935) pour ta com­mis­sion.
Tu as l’élégance d’un mil­lion­naire, et qui te voit fumer un Parta­gas (cig­a­re de Cuba).
Ils ne veu­lent pas croire que tu gagnes un salaire en tant qu’in­ter­mé­di­aire d’un qui paye mieux.

Col­let mon­té (Cogote a plusieurs sig­ni­fi­ca­tions, de gra­tu­it à nuque, mais ici, il me sem­ble que c’est le col du pré­ten­tieux qui me sem­ble le plus appro­prié. Les pré­ten­tieux, tien­nent la tête haute et j’ai choisi de le traduire en col­let mon­té).
Qua­tre poils de mous­tache, grande voiture et grande canne.
Que tu vis comme une sang­sue, la manche est ton patron.

Col­let mon­té
Tu deman­des un mil­lion de pesos (gar­rote), pré­ten­tieux, mar­i­on­nette, ta tête de mel­on.

Canario

Le canario indiqué cor­re­spond à un bil­let de l’époque. Il était de couleur jaune. On lit par­fois que c’était le bil­let de 100 pesos, mais celui-ci était plutôt gris que jaune. Celui qui était jaune était celui de 10 pesos (dès 1899) et à la lim­ite celui de 1 peso à par­tir de 1903.

Les billets de la monnaie nationale. Ces billets ont eu cours à partir de 1899. Ici, la version la plus probable avec sa couleur jaune est celle de 10 pesos, ou à la limite, celui de 1 peso. Le film est de 1935 et c'est donc probablement le billet de 10 pesos de la colonne de droite qui est évoquée dans ce tango.
Les bil­lets de la mon­naie nationale. Ces bil­lets ont eu cours à par­tir de 1899. Ici, la ver­sion la plus prob­a­ble avec sa couleur jaune est celle de 10 pesos, ou à la lim­ite, celui de 1 peso. Le film est de 1935 et c’est donc prob­a­ble­ment le bil­let de 10 pesos de la colonne de droite qui est évo­quée dans ce tan­go.

Autres versions

Pas d’autre enreg­istrement à ma con­nais­sance, mais il con­vient de citer la ver­sion orig­i­nale, qui est celle de Tita Merel­lo dans le film Noches de Buenos Aires (1935) de Manuel Romero.