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Papas calientes 1937-11-29 - Orquesta Edgardo Donato Eduardo Arolas Letra: Héctor Polito La patate chaude, c’est se renvoyer quelque chose de gênant. Cette composition d’Arolas a eu un certain succès et on en trouve une bonne vingtaine d’enregistrements. En revanche, les paroles d’Héctor Polito ne semblent pas avoir été enregistrées. Je vous les propose tout de même et vous passe la patate chaude après avoir sorti les marrons du feu.

Papas calientes 1937-11-29 — Orquesta Edgardo Donato

Eduardo Arolas Letra: Héctor Polito

La patate chaude, c’est se ren­voy­er quelque chose de gênant. Cette com­po­si­tion d’Arolas a eu un cer­tain suc­cès et on en trou­ve une bonne ving­taine d’enregistrements. En revanche, les paroles d’Héctor Poli­to ne sem­blent pas avoir été enreg­istrées. Je vous les pro­pose tout de même et vous passe la patate chaude après avoir sor­ti les mar­rons du feu.

Extrait musical

Partition de Papas calientes (Eduardo Arolas Letra: Héctor Polito)
Par­ti­tion de Papas calientes (Eduar­do Aro­las Letra: Héc­tor Poli­to). Dédi­cace à Felipe Lan­fran­co, Pedro Calderon, F. Diaz Reynold et Juan Bernasconi
Papas calientes 1937-11-29 — Orques­ta Edgar­do Dona­to.

Tout au moins dans ma dis­cothèque, c’est la plus anci­enne ver­sion enreg­istrée. Elle invite aux jeux de jambes, peut-être plus dans le style canyengue que milon­ga. Les instru­ments se ren­voient la patate à l’aide par des con­tacts rapi­des avec le légume brûlant. On notera le très beau solo de vio­lon qui com­mence à 50 sec­on­des qui domine le rythme clau­di­cant qui reste présent durant tout le titre.

Paroles

Mucha­cho, si algu­na vez un mal
Se ensaña con tu buen corazón,
Luchá con ansias de varón
No ves que así podés tri­un­far…
Si algu­na mató tu gran amor
La bar­ra, feliz te hará vivir,
Seguí su tren con gran val­or
Así dejás de sufrir.

Cuan­do entra a milonguear al cabaret
La bar­ra de “El Chu­pete”,
Da que­hac­er a los demás, por su cachet
Que es muy de rechu­pete;
Esclavos son del copetín
La jar­ra los dom­i­na,
Siem­pre será su berretín
Al recor­dar su amor.

El que quiera olvi­darse
De las penas de la vida,
Para hac­er vivir a su corazón
Y que viva ale­gre noche y día…
Siem­pre dice la bar­ra:
“Ven­ga, ami­go, no se afli­ja,
Que la far­ra es el reme­dio
Para su mal”.

Eduar­do Aro­las Letra: Héc­tor Poli­to

Traduction libre

Mec, si jamais un mal enrage ton bon cœur, bats-toi avec les désirs d’un homme. Ne vois-tu pas qu’ainsi tu peux tri­om­pher…

Si quelqu’un a tué ton grand amour, la bande, heureuse, te fera vivre. Suis son train avec beau­coup de courage. Ain­si, tu arrêteras de souf­frir.

Lorsqu’il entre dans le cabaret pour milonguer, la bande du « El Chu­pete » donne à penser aux autres, en rai­son de sa dis­tinc­tion (façon de s’habiller) qui est exquise ;

Les esclaves sont ceux du copetín (apéri­tif, alcool). Le pichet les domine, et il sera tou­jours leur refuge (caprice, lubie, loisir) en se rap­pelant leur amour.

Celui qui veut oubli­er les peines de la vie, pour faire vivre son cœur et vivre joyeuse­ment nuit et jour…

La bande dit tou­jours : « Viens, mon ami, ne sois pas affligé, car la fête est le remède pour ton mal. »

Autres versions

Papas calientes 1937-11-29 — Orques­ta Edgar­do Dona­to.

C’est notre ver­sion du jour.

Papas calientes1950-09–28 Orques­ta Dona­to Rac­ciat­ti.

C’est l’Uruguay qui relance cette milon­ga. La ver­sion de Rac­ciat­ti cor­re­spond bien à son car­ac­tère joueur. Le rythme est très soutenu et le rythme sautil­lant se pour­suit tout au long, sur­volé par de longues phras­es au vio­lon. C’est intéres­sant. On retrou­vera Rac­ciat­ti 22 ans plus tard avec une autre ver­sion que je vous invite à com­par­er.

Papas calientes 1952-07-25 — Orques­ta Edgar­do Dona­to.

Quinze ans plus tard, Dona­to réen­reg­istre ce titre. Il est intéres­sant, là aus­si, de com­par­er les deux enreg­istrements. Le sec­ond pour­rait sem­bler moins fam­i­li­er aux afi­ciona­dos de Dona­to qui ne pren­nent sou­vent en con­sid­éra­tion que sa pre­mière péri­ode. S’il s’agit de par­ler de danse, on peut leur don­ner rai­son, car cet enreg­istrement est sans doute trop décousu pour sat­is­faire les danseurs.

Papas calientes 1954-05-19 — Adol­fo Pérez (Pocho­lo) y su Orques­ta Típi­ca de la Guardia Vie­ja.

Une ver­sion tran­quille, plus une prom­e­nade qu’une milon­ga effrénée. Une jolie flute ajoute une touche d’originalité à cette ver­sion qui se laisse écouter, sans doute plus que danser.

Papas calientes 1955 — Juan Car­los Caviel­lo y su Cuar­te­toTípi­co.

Une ver­sion nerveuse et rel­a­tive­ment intéres­sante à l’écoute et qui reste rel­a­tive­ment dans­able.

Papas calientes 1956-08-09 — Orques­ta Arman­do Pon­tier.

Le ban­donéon­iste Arman­do Pon­tier signe cette ver­sion très orig­i­nale, mais qui a sans doute per­du tout le car­ac­tère joueur de ce titre. Pas sûr qu’un DJ se prenne suff­isam­ment d’affection pour cette ver­sion pour la défendre face à une piste rem­plie de danseurs exigeants… Pon­tier récidi­vera avec une ver­sion enreg­istrée le 31 août 1964. Je vous en dis­pense, elle est tout aus­si peu con­va­in­cante.

Papas calientes 1962-08-16 — Orques­ta Florindo Sas­sone.

On reste avec Sas­sone, dans les ver­sions plus orig­i­nales qu’enthousiasmantes. Pas plus que la ver­sion de Pon­tier, cette ver­sion devrait s’ouïr dans les milon­gas de bonne tenue. Comme Pon­tier, Sas­sone revien­dra à la charge en 1974 avec un autre enreg­istrement tout aus­si peu intéres­sant. Là encore, je vous en pro­tège…

Papas calientes 1964 — Orlan­do Calaut­ti y su Cuar­te­to.

Un orchestre plutôt rare dirigé par Orlan­do Calaut­ti, qui a été ban­donéon­iste dans dif­férents orchestres, dont ceux de Dona­to et Sas­sone, ce qui fait qu’il a peut-être par­ticipé à plusieurs enreg­istrements de ce titre. Il a égale­ment com­posé quelques titres, mais il fau­dra une sep­ticémie pour avoir rai­son de lui, à l’âge de 101 ans, comme quoi la musique, ça peut con­serv­er.

Papas calientes 1965 — Orques­ta Reliquias Porteñas.

Cet orchestre pro­pose quelques ver­sions orig­i­nales, mais c’est sans doute Papas calientes qui est leur enreg­istrement le plus intéres­sant. J’aime bien et le fait que cette ver­sion est assez courte fait que l’on peut pren­dre le risque de la pro­pos­er aux danseurs qui n’auront pas le temps de s’ennuyer. C’est même dom­mage de ne pas avoir d’autres milon­gas de cet orchestre d’aussi bonne tenue, ce qui fait qu’il sera dif­fi­cile de pro­pos­er une tan­da com­plète si on a des danseurs exigeants. Tout au plus on pour­rait ten­ter de com­mencer par La naran­ja nació verde et de ter­min­er avec Papas calientes en pro­posant un autre orchestre pour l’autre titre.

Papas calientes 1967-07-27 — Orques­ta Juan D’Arien­zo.

D’Arienzo pro­pose une ver­sion assez rapi­de. Le pas­sage des pommes de terre chaudes est peut-être un peu rapi­de. Ce n’est pas inin­téres­sant, mais sans doute pas à class­er dans les meilleures milon­gas de D’Arienzo pour la danse.

Papas calientes 1968-05 — Los Tubatan­go.

Papas calientes est l’un des pre­miers titres enreg­istrés par le nou­v­el orchestre du ban­donéon­iste Guiller­mo Inchausty. La com­po­si­tion rebondis­sante se prête en effet assez bien au car­ac­tère de cet orchestre à vent, redé­cou­vreur du canyengue. On est donc dans une ver­sion canyengue, pas face à une milon­ga éblouis­sante. Cela ravi­ra les ama­teurs de canyengue ou les danseurs débu­tants en milon­ga.

Papas calientes 1972 Orques­ta Dona­to Rac­ciat­ti.

Comme Dona­to, l’autre Dona­to (mais cette fois par le prénom, réen­reg­istre le titre quelques années après la pre­mière ver­sion. Cette ver­sion tonique et assez joueuse, pour­rait bien amuser les danseurs, tout du moins, ceux qui aiment être sur­pris. Le DJ qui a la chance d’avoir de bons danseurs de milon­ga sous la main pour­rait s’amuser à leur lancer cette ver­sion afin de leur laver les oreilles des ver­sions un peu trop con­v­enues.

Papas calientes 1976 — Orques­ta Juan Cam­bareri.

Ceux qui aiment les inter­pré­ta­tions extrême­ment rapi­des du Mage du Ban­donéon, Cam­bareri, vont sans doute être très éton­nés d’entendre cette ver­sion, lente et calme. On dirait que Cam­bareri n’a pas réus­si à trou­ver le juste milieu entre vitesse super­son­ique et prom­e­nade d’escargot.

Papas calientes 1979 — Ariel Ramírez.

Une ver­sion plutôt sym­pa­thique et très orig­i­nale par le fan­tas­tique Ariel Ramírez.

Papas calientes 2000 — Orques­ta Puglia-Pedroza.

Les pre­mières notes très lentes créent la sur­prise, mais la suite, bien que rel­a­tive­ment orig­i­nale, ne con­va­in­cra pas for­cé­ment.

Papas calientes 2014 — Quinti­no Gotano­va. Une ver­sion en vidéo pour voir jouer : Vit­to­rio Pujia, gui­tare et direc­tion Matías González, ban­donéon, Este­ban Cabel­lo, clar­inette, Eduar­do Min­ervi­no, Piano et Guiller­mo Del­ga­do, con­tre­basse.

Papas Calientes 2016 — Vic­tor Hugo Vil­lena Trio con Kay Slek­ing.

Une ver­sion un peu plate. Pas for­cé­ment très intéres­sante, sans être mis­érable.

Papas calientes 2022 — Solo Tan­go Orques­ta.

Cet orchestre par­fois iné­gal pro­pose quelques sur­pris­es et cette ver­sion de Papas calientes se défend. Elle est ludique et rapi­de et pour­rait sat­is­faire les danseurs. On notera à 1:12 un break suivi d’une « sirène » un glis­san­do joué par le vio­lon qui rend le titre très orig­i­nal.

Voilà, les amis. La patate n’est plus brûlante et vous pou­vez la manger en toute tran­quil­lité. À bien­tôt !

Les trottoirs de Buenos Aires sont couverts de dalles (baldosas) qui ne sont pas toujours bien ajustées. Lorsqu’il pleut, le malheureux qui pose le pied sur l’une d’elles se retrouvera trempé par un jet d’éclaboussures. Notre milonga du jour évoque ce phénomène qui n’empêche pas les milongueros de braver la pluie pour aller danser.

Baldosa floja 1967-10-31 — Orquesta Florindo Sassone con Oscar Macri

Florindo Sassone; Julio Boccazzi Letra: Dante Gilardoni

Les trot­toirs de Buenos Aires sont cou­verts de dalles (bal­dosas) qui ne sont pas tou­jours bien ajustées. Lorsqu’il pleut, le mal­heureux qui pose le pied sur l’une d’elles se retrou­vera trem­pé par un jet d’éclaboussures. Notre milon­ga du jour évoque ce phénomène qui n’empêche pas les milongueros de braver la pluie pour aller danser.

Je dédi­cace cette anec­dote à l’ami Chris­t­ian, qui sait si bien par­ler des sur­pris­es des trot­toirs de Buenos Aires.

Extrait musical

Baldosa floja 1967-10-31 - Orquesta Florindo Sassone con Oscar Macri. La version du jour n’est pas la plus connue que vous retrouverez à la suite, mais elle est intéressante, car d’un caractère un peu différent de ce qu’on entend habituellement et qu’elle est enregistrée par l’auteur de la musique, Florindo Sassone.
On notera tout de suite le caractère marqué du candombe qui est atténué, voire inexistant dans les autres versions. La voix originale de Macri manque par moment d’un peu de mordant pour la milonga, mais, dans l’ensemble, il me semble que cette version voulue par le compositeur devrait être plus connue.
Par­ti­tion de Bal­dosa flo­ja de Florindo Sas­sone; Julio Boc­cazzi Letra: Dante Gilar­doni.
Bal­dosa flo­ja 1967-10-31 — Orques­ta Florindo Sas­sone con Oscar Macri.

La ver­sion du jour n’est pas la plus con­nue que vous retrou­verez à la suite, mais elle est intéres­sante, car d’un car­ac­tère un peu dif­férent de ce qu’on entend habituelle­ment et qu’elle est enreg­istrée par l’auteur de la musique, Florindo Sas­sone.
On notera tout de suite le car­ac­tère mar­qué du can­dombe qui est atténué, voire inex­is­tant dans les autres ver­sions. La voix orig­i­nale de Macri manque par moment d’un peu de mor­dant pour la milon­ga, mais, dans l’ensemble, il me sem­ble que cette ver­sion voulue par le com­pos­i­teur devrait être plus con­nue.

Paroles

Yo lle­vo el baile en la san­gre
y cump­lo con mi des­ti­no,
mi vida está en la milon­ga
y he de seguir por ese camino.
No soy con­stante en amores
por eso tan solo estoy,
mi car­ta me la he juga­do
y si he per­di­do, pago y me voy.

Rebelde soy para el lazo
ni sus cade­nas me echó el amor,
yo soy gor­rión via­jero
y el mun­do entero fue mi ambi­ción.
Igual que bal­dosa flo­ja
salpi­co si alguien me pone el pie,
no sé… quer­er,
mi amor… se fue,
yo iré… bai­lan­do
mien­tras las tabas
me den con que…

Si a veces algu­na pena
me lle­ga a mojar los ojos
y sur­gen des­de el olvi­do
aque­l­los labios siem­pre tan rojos,
me afir­mo el cham­ber­go claro
y agar­ro p’al cabaré,
mi vida es una milon­ga
y sé que bai­lan­do yo moriré.

Igual que bal­dosa flo­ja
salpi­co si alguien me pone el pie.
Florindo Sas­sone; Julio Boc­cazzi Letra: Dante Gilar­doni

Traduction libre

J’ai la danse dans mon sang et j’ac­com­plis mon des­tin,
Ma vie est dans la milon­ga et je dois con­tin­uer sur cette voie.
Je ne suis pas tou­jours amoureux, c’est pour ça que je suis si seul, J’ai joué ma carte et si j’ai per­du, je paie et je pars.
Je suis un rebelle con­tre le lien et l’amour ne m’a pas enchaîné,
Je suis un moineau voyageur et le monde entier était mon ambi­tion.
Comme une dalle bran­lante, j’éclabousse si quelqu’un me met le pied dessus, (La bal­dosa est la dalle, le car­relage qui cou­vre les trot­toirs de Buenos Aires. Cer­taines sont mal fixées et quand il a plu, lorsqu’on marche dessus, elles pro­jet­tent l’eau qui est en dessous et inonde le mal­adroit).
Je ne sais pas… aimer, mon amour… elle est par­tie, j’i­rai… Danser tant que les jambes me don­nent ce que…
Si par­fois quelque peine me mouille les yeux et que sur­gis­sent de l’oubli ces lèvres tou­jours si rouges,
J’ajuste mon cham­ber­go (cha­peau de gau­cho) clair et je prends pour le cabaret,
ma vie est une milon­ga et je sais qu’en dansant, je mour­rai.
Comme une dalle bran­lante, j’é­clabousse si quelqu’un me met le pied dessus.

Autres versions

Bal­dosa flo­ja 1957-11-14 — Argenti­no Ledes­ma y su orques­ta Dir. Jorge Drag­one.

C’est le plus ancien enreg­istrement du titre en ma pos­ses­sion. Si la mer­veilleuse voix de ténor de Ledes­ma n’est pas for­cé­ment la plus adap­tée à l’interprétation de ce titre, l’orchestre a des arrange­ments qui valent l’écoute.

Bal­dosa flo­ja 1958-07-03 — Juan D’Arien­zo con Jorge Valdez y Mario Bus­tos.

Cette ver­sion est une des plus célèbres, sans doute à cause du beau duo entre Valdez et Bus­tos. À mon goût, cette ver­sion n’est pas for­cé­ment plus géniale à danser que les autres. On l’entend cepen­dant régulière­ment, c’est qu’elle doit con­venir.

Bal­dosa flo­ja 1960-11-28 — Orques­ta Osval­do Pugliese con Alfre­do Belusi y Jorge Maciel.

Le début lancé par le piano de Pugliese est très orig­i­nal. C’est sans doute la ver­sion avec l’orchestration la plus aboutie. Le duo est assez joli et si le résul­tat d’ensemble est superbe, les change­ments de rythmes et les sur­pris­es peu­vent ren­dre la tâche des danseurs com­pliquée. Comme DJ j’hésiterais avant de pass­er ce titre, mais il faut savoir pren­dre des risques…

Bal­dosa flo­ja 1965 — Orques­ta Reliquias Porteñas.

Cet orchestre pro­pose une ver­sion instru­men­tale avec une bonne ryth­mique. La flûte et le vibra­phone rem­pla­cent les voix, ce qui donne une ver­sion fraîche et orig­i­nale qui pour­rait plaire aux danseurs curieux.

Bal­dosa flo­ja 1967-10-31 — Orques­ta Florindo Sas­sone con Oscar Macri.

C’est notre ver­sion du jour et, comme vous pou­vez main­tenant le con­stater, elle est assez dif­férente des autres ver­sions.

Bal­dosa flo­ja 1980 — Luciano Leo­ca­ta C Rober­to Chalean.

La réver­béra­tion est à mon sens très gênante et invalide sans doute cet enreg­istrement, sauf peut-être pour les nos­tal­giques de l’acoustique de Sun­der­land.

Bal­dosa flo­ja 1983 — Rodol­fo Lemos — Dir Pas­tor Cores.

Si on tient compte que cette milon­ga n’est pas une des plus évi­dentes à danser, cette ver­sion n’est pas désagréable et on peut se laiss­er ten­ter.

Bal­dosa flo­ja 1997 — La Chi­cana Con Dolores Sola.

Une ver­sion légère où la flûte le dis­pute à la voix de Dolores Sola.

Bal­dosa flo­ja 2003 — Los Man­cifes­ta C Car­los Teje­da y Raúl O. Verón.

Los Man­cifes­ta pro­posent générale­ment des ver­sions énergiques, ce qui est le cas ici. Peut-être que l’interprétation est un peu rapi­de, mais c’est bien d’avoir de la var­iété pour répon­dre aux dif­férentes con­di­tions de la milon­ga.

Bal­dosa Flo­ja 2005-10 — Orques­ta Matos Rodríguez con Ricar­do Oliv­era y Daniel Cortéz.

Il sera sans doute dif­fi­cile de ven­dre cette ver­sion comme milon­ga dans­able. Con­tentons-nous de la con­sid­ér­er comme une curiosité.

Bal­dosa flo­ja 2010 — Ras­ca­cie­los C Black Rodriguez Mendez y Héc­tor Limon Gar­cia.

Cette ver­sion n’atteint peut-être pas les som­mets des derniers étages, mais elle est sym­pa­thique. Cette ver­sion fait par­tie de leurs titres dans­ables, ce qui est moins le cas d’autres titres, notam­ment ceux qu’ils ont écrits et qui sont des­tinés à l’écoute ou à un autre type de tan­go.

Bal­dosa flo­ja 2014 — La Tru­ca (San Luis, Argenti­na) Voix: Fer­nan­da Rivero / Gui­tares: Emil­iano Rivero y Alcides Alcón / Per­cus­sions: Nahuel Rivero / Con­tre­basse: Toni Funes

Bal­dosa flo­ja 2017 — Los Tan­turi con Rubén Peloni. Encore une facette de l’ami Rubén.

Histoires de Baldosas

Ceux qui sont habitués à voir des trot­toirs rel­a­tive­ment uni­formes ont peut-être été sur­pris de voir qu’à Buenos Aires, les trot­toirs sont dif­férents lorsque l’on passe d’une façade à une autre.

En effet, à Buenos Aires (CABA), la con­struc­tion, l’en­tre­tien et la répa­ra­tion des trot­toirs incombent en pre­mier lieu au pro­prié­taire de l’immeuble qui est en face de cette par­tie de voirie, con­for­mé­ment à la loi 5902.

Cepen­dant, si les dom­mages sont causés par des travaux de réseaux (élec­tric­ité, gaz, eau) ou par des racines d’ar­bres, la respon­s­abil­ité en incombe à la munic­i­pal­ité (GCBA).

Ces deux phras­es expliquent à peu près ce qui se passe.

Cer­tains soignent les abor­ds de leur lieu avec de belles dalles et d’autres, plus nég­li­gents, lais­sent le trot­toir à l’abandon ou le « répar­ent » avec les moyens du bord.

D’autres, vic­times de travaux à répéti­tion, se lassent de réclamer au 147 (numéro de télé­phone dédié) la remise en état de leur pré­cieux trot­toir. Il faut dire que ces « remis­es en état » sont sou­vent nég­ligées et c’est une des prin­ci­pales caus­es de dalle bran­lante, bal­dosa flo­ja.

Principe de la dalle branlante (baldosa floja). Lorsque le pied appuie sur une dalle qui n'a pas de support, celle-ci oscille. Si la cavité est remplie d'eau, une gerbe en sort et asperge le malchanceux.
Principe de la dalle bran­lante (bal­dosa flo­ja). Lorsque le pied appuie sur une dalle qui n’a pas de sup­port, celle-ci oscille. Si la cav­ité est rem­plie d’eau, une gerbe en sort et asperge le malchanceux.

Limite entre deux immeubles

Env­i­ron tous les 10 m, il y a un nou­v­el immeu­ble et, donc, un nou­veau trot­toir. Même si deux pro­prié­taires ont choisi le même motif pour les dalles, ces dernières ne seront pas for­cé­ment alignées et la jonc­tion entre les deux par­celles est générale­ment bien mar­quée.

Exemple de jonctions entre immeubles. De gauche à droite et de bas en haut pour chaque image : (1) Grandes dalles rectangulaires et béton brut. On notera une partie endommagée à la suite de l’adjonction de plaques du service des eaux (AYSA) (2) Dalle à petits carrés et grandes dalles qui pourraient bien être branlantes, là encore par la faute de l’AYSA (3) Dalles à petits carrés et décor rayonnant. L’intervention du service des eaux qui a sans doute cassé les plaques rouges originales a causé le remplacement par des dalles de même type, mais grises (4) Ici, les deux propriétaires ont choisi les mêmes dalles avec petits carrés, mais celles-ci ne sont pas alignées et l’un des propriétaires a décidé de les peindre en noir, comme sa façade. Celle du voisin est aussi noire, mais il n’a pas peint son trottoir.
Exem­ple de jonc­tions entre immeubles. De gauche à droite et de bas en haut pour chaque image : (1) Grandes dalles rec­tan­gu­laires et béton brut. On notera une par­tie endom­magée à la suite de l’adjonction de plaques du ser­vice des eaux (AYSA) (2) Dalle à petits car­rés et grandes dalles qui pour­raient bien être bran­lantes, là encore par la faute de l’AYSA (3) Dalles à petits car­rés et décor ray­on­nant. L’intervention du ser­vice des eaux qui a sans doute cassé les plaques rouges orig­i­nales a causé le rem­place­ment par des dalles de même type, mais gris­es (4) Ici, les deux pro­prié­taires ont choisi les mêmes dalles avec petits car­rés, mais celles-ci ne sont pas alignées et l’un des pro­prié­taires a décidé de les pein­dre en noir, comme sa façade. Celle du voisin est aus­si noire, mais il n’a pas peint son trot­toir.
Quelques exemples de dalles (x4). Ici, les modèles « fleur de lys », Adoqui circular et Octogonal. Le modèle le plus courant est celui à petits carrés.
Quelques exem­ples de dalles (x4). Ici, les mod­èles « fleur de lys », Ado­qui cir­cu­lar et Octog­o­nal. Le mod­èle le plus courant est celui à petits car­rés.
Deux cas particuliers. Les dalles peintes devant le musée Quinquela Martin à la Boca et un nouveau type d'aménagement que la ville met en place dans certains quartiers (microcentre et avenues). Le trottoir se retrouve nettement élargi. À certains endroits, c’est pour y placer des arbres à d’autres pour sécuriser les arrêts de bus ou les poubelles qui occupent souvent une des voies de circulation, ce qui peut être une surprise pour un conducteur inattentif. Ces aménagements ne relèvent plus des riverains.
Deux cas par­ti­c­uliers. Les dalles peintes devant le musée Quin­quela Martín à la Boca et un nou­veau type d’amé­nage­ment que la ville met en place dans cer­tains quartiers (micro­cen­tre et avenues). Le trot­toir se retrou­ve net­te­ment élar­gi. À cer­tains endroits, c’est pour y plac­er des arbres à d’autres pour sécuris­er les arrêts de bus ou les poubelles qui occu­pent sou­vent une des voies de cir­cu­la­tion, ce qui peut être une sur­prise pour un con­duc­teur inat­ten­tif. Ces amé­nage­ments ne relèvent plus des riverains.
Les pièges peuvent aussi être pour les piétons. Ici, pour aménager les angles de rues, on demande aux piétons de s'engager sur une avenue, protégé par des blocs de plastique ou un simple rubalise tendu entre des plots. À droite, le résultat avec un autre piège pour ceux qui ont un chariot, une poussette ou un fauteuil roulant. Le passage zébré mène au trottoir haut. Pour profiter du bateau plus bas, il faut aller dans l’angle, très près de l’avenue et donc sortir du passage protégé.
Les pièges peu­vent aus­si être pour les pié­tons. Ici, pour amé­nag­er les angles de rues, on demande aux pié­tons de s’en­gager sur une avenue, pro­tégé par des blocs de plas­tique ou un sim­ple rubalise ten­du entre des plots. À droite, le résul­tat avec un autre piège pour ceux qui ont un char­i­ot, une pous­sette ou un fau­teuil roulant. Le pas­sage zébré mène au trot­toir haut. Pour prof­iter du bateau plus bas, il faut aller dans l’angle, très près de l’avenue et donc sor­tir du pas­sage pro­tégé.

Voilà, les amis. J’espère que cette bal­dosa flo­ja vous aura intéressés et qu’elle ne vous fera pas trébuch­er en la dansant.