¡Madre hay una sola! chantait Gardel dans le tango du même nom. La valse du jour est une valse pour les mères que l’on fête en Argentine le 3e dimanche d’octobre. Ce n’est donc pas tout de suite que les Argentins vont passer cette valse à leur maman, en revanche, dans beaucoup d’autres pays, cela se fête en mai. Certains vont donc pouvoir l’utiliser bientôt…
Extrait musical
Partition de Para ti, Madre.
Para ti madre 1932-05-04 — Orquesta Francisco Canaro con Agustín Irusta. Près de 30 secondes d’introduction, le temps d’aller chercher sa mère pour la faire danser.
Paroles
Este mundo, donde todo es leve humo, mentira, hojarasca, por sobre toda pequeñez humana, por sobre toda grandeza vacua, como un beso de dios, hecho materia, un simbolo, la madre se levanta
Dichoso tiempo aquel de la niñez maravillosa, infancia de oro y miel, bendita edad de ingenuidad, el mundo era un edén en donde el bien reinaba y lleno de ilusión era feliz el corazón. Caricia maternal, mano leal y generosa, ternura sin igual, mundo ideal, color de rosa. Del venturoso ayer sólo quedó el recuerdo, la vida dura y cruel ya me enseñó lo que es dolor.
Mi corazón sangrante tengo en el pesar más cruel sumido, extraña el buen calor del nido y en la canción se derrama su emoción. Evocación del bien perdido es para ti la canción y a acariciar tus oídos irán los latidos de mi corazón.
Ahora que no estás, te siento más hondo en el alma y nadie ha de poder borrar, jamás, tu imagen fiel. Ahora que no estás es tan tenaz la angustia de haber sido, quizás, alguna vez un poco cruel. El eco de tu voz, que es voz de Dios, vibra en mi oído y es soplo alentador que da valor al abatido. Tu beso inmaterial pasa mi sien rozando y aunque no estás aquí, muy maternal, velas por mí.
José Mocciola Letra : Venancio Clauso
Agustín Irusta ne chante que ce qui est en gras, c’est-à-dire que le plus triste de la chanson n’est pas évoqué. C’est mieux pour le chanter à sa mère si vous avez la chance de l’avoir encore en vie… En bleu, ce qui est dit ou chanté selon les versions par Echagüe et seulement par lui, dans les années 70. Carlos Dante et Ada Falcón chantent toutes les paroles (sauf ce qui est bleu, qui n’appartient qu’à Echagüe).
Traduction libre
Temps bienheureux de l’enfance merveilleuse, une enfance d’or et de miel, une époque bénie de naïveté. Le monde était un Éden où le bien régnait et où le cœur était heureux et plein d’illusions. Caresse maternelle, main loyale et généreuse, tendresse sans pareille, monde idéal, couleur de rose. Du passé heureux, il ne reste que le souvenir, la vie dure et cruelle m’a déjà appris ce que c’est que la douleur. Mon cœur saignant est submergé par les regrets les plus cruels, il manque de la bonne chaleur du nid et dans le chant se déverse son émotion. Une évocation du bien perdu, la chanson est pour toi, et en caressant tes oreilles, viendront les battements de mon cœur. Maintenant que tu n’es plus, je te sens au plus profond de mon âme et personne ne pourra jamais effacer ton image fidèle. Maintenant que tu es partie, l’angoisse d’avoir été, peut-être, parfois un peu cruel est si tenace. L’écho de ta voix, qui est la voix de Dieu, vibre à mon oreille et est un souffle encourageant qui donne du courage à celui qui est abattu. Ton baiser immatériel effleure ma tempe et même si tu n’es pas là, tu veilles sur moi d’une manière si maternelle.
Autres versions
Quelques-uns des disques présentés, de gauche à droite : Canaro Irusta, Canaro Falcon, De Angelis Dante, Maderna Datila, Corrales et à droite, la pochette d’un 33 tours de Canaro reprenant la version de 1932.Para ti madre 1932-05-04 — Orquesta Francisco Canaro con Agustín Irusta. C’est notre valse du jour.Para ti madre 1932-07-18 — Ada Falcón con acomp. de Francisco Canaro.
Fidèle à ses habitudes, Canaro réalise dans la foulée une version en chanson. Celle-ci, respectueuse des paroles, est donc plus triste. Cependant la jolie voix d’Ada fait que ce titre, bien accompagné par Canaro est agréable à écouter.
Para ti madre 1948-07-23 — Orquesta Alfredo De Angelis con Carlos Dante.
Si votre mère est cardiaque ou un peu bancale, évitez de la faire valser sur cette version très rapide proposée par De Angelis et Dante.
Para ti madre 1949-01-26 — Orquesta Osmar Maderna con Pedro Dátila y Mario Corrales (Pomar).
Une version qui pourrait être sympa si elle n’avait pas été massacrée par un ingénieur du son, fou. Les grands coups de potentiomètres pour augmenter les nuances sont ridicules. Avec un peu de boulot, on peut rétablir un semblant de normalité dans cette valse, mais quel gâchis.
Para ti madre 1972 — Alberto Echagüe con orquesta de Jorge Dragone.
Mais qu’est-ce qui a pris à Echagüe de s’associer avec Dragone pour enregistrer cette version sinistre ? Même si on arrive à supporter l’orgue électronique, la tristesse de l’introduction et l’ambiance de cette valse rendent définitivement impassable à une mère un tant soit peu aimée… Peut-être que j’ai une petite dent contre l’orgue électronique, car quand j’étais adolescent et que je jouais sur l’un d’entre eux, celui-ci a décidé de prendre feu, chose qui n’arrive pas avec les bons vieux Steinway Bossendörfer ou Yamaha… Echagüe dit la première strophe, cela donne un air un peu sinistre. Pour le reste, il chante les paroles avec de légères variantes.
Para ti madre (1972 ? Le disque est sorti le 14 janvier 1974) — Los Solistas de D’Arienzo con Alberto Echagüe.
Echagüe se rachète avec cette version enregistrée avec les anciens musiciens de D’Arienzo. Carlos Lázzari (Bandonéon, arrangements et directeur), Normando Lázara (Piano), Milo Dojman (Violín), Enrique Amadeo Guerra (Contrabajo) et Alberto Echagüe au chant. Echagüe change ce qu’il disait dans la version de Dragone, ce qui enlève un peu de sinistre. Le rythme plus rapide fait que la valse passe mieux.
Si rien ne vous convient, vous trouverez des dizaines de titres en cherchant avec Mamá, Madre et Madrecita. Beaucoup sont des valses, forme qui se prête particulièrement aux anniversaires et fêtes en tout genre. Et si tout cela ne vous suffit pas, pour terminer avec un genre différent, je vous propose, Para ti madrecita par le chanteur équatorien Julio Jaramillo sur une musique et des paroles de Sergio Bedoya.
Para ti madrecita — Julio Jaramillo, El Ruiseñor de América. Para ti madre.
Plus de 200 tangos ont dans leur titre le mot «Adios». C’est donc un thème fort du tango, mais la composition écrite par Maruja Pacheco Huergo est de loin la plus célèbre. Je vous propose, la version qui est considérée comme la plus belle, celle de Donato avec Lagos qui fête aujourd’hui ses 86 ans.
Au centre Edgardo Donato et à droite Horacio Lagos que regarde avec attention, Lita Morales.
Il y a adiós et adiós
Il y a environ 200 tangos avec adiós dans le titre dont on a au moins un enregistrement et il faut rajouter une dizaine de valses et même une milonga. Cependant, tous les adiós ne sont pas similaires. Contrairement au français, adiós n’a pas la connotation définitive de l’adieu. En français, on dit surtout Adieu quand on ne compte plus se revoir, ou seulement en présence de Dieu (À Dieu), après la résurrection. Pour les Argentins, ce n’est pas le cas. C’est un synonyme complet d’au revoir et il s’emploie donc de la même façon. Un Argentin qui vous dit adieu a l’intention de vous revoir, il vous recommande juste « à Dieu », c’est-à-dire qu’il vous souhaite d’aller bien pendant le temps de la séparation. Cependant, en Argentine également, le terme adiós a une signification définitive. On l’utilise également pour quitter un défunt, tout comme en France. Dans le petit monde du tango, il est fréquent que l’on honore un défunt en lui faisant un adieu musical. Parmi les titres célèbres dans ce sens, on a A Magaldi, cette valse d’adieu à Agustín Magaldi, composée par Carlos Dante et Pedro Noda et dont les paroles sont de Juan Bernardo Tiggi. On connaît les merveilleuses versions chantées justement par Carlos Dante, notamment celle de 1947, 9 ans après la mort d’Agustín qui lui-même avait chanté pour la mort de Gardel peu d’années auparavant. Nous en reparlerons le 21 octobre…
Note : El adiós, porte un S à la fin, car c’est « À Dieu » (adieu), Dieu se dit « Diós » en espagnol, ce n’est pas un S du pluriel. Comme DJ, combien de fois ai-je entendu nommer ce titre « El adio »…
Maruja (María Esther) Pacheco Huergo (3 avril 1916 — 2 septembre 1983) était pianiste, compositrice et parolière, mais également auteure (notamment de poèmes et scénarios), actrice et professeur de musique et de chant. Elle a composé plus de 600 thèmes, pas tous des tangos, mais parmi ses créations dont nous avons une trace enregistrée dans notre domaine qu’est le tango, on pourrait citer les titres suivants :
Comme auteure et compositrice :
Sinfonía de arrabal, (paroles et musique) célèbre par le même chef d’orchestre que El Adios, notre tango du jour avec le trio enchanteur de Horacio Lagos, Lita Morales et Romeo Gavioli. Cuando silba el viento une habanera dont elle a également écrit, paroles et musique. Lejanía (une chanson qu’a chantée Corsini), Oro y Azul, El Silencio, Con sabor a tierra, Nenucha et environ 500 autres titres que vous me pardonnerez de ne pas lister ici, mais ce ne sont pas non plus des tangos.
Comme compositrice
Canto de ausencia mise en musique d’un texte d’Homero Manzi Don Naides avec des paroles de Venancio Clauso Gardeniasavec des paroles de Manuel Enrique Ferradás Campos (son mari) Milonga del aguatero et Cancionero porteño del siglo XIX avec des paroles d’Eros Nicola Siri
Comme parolière
Sur des musiques de Donato, elle a écrit les paroles d’Alas rotas, Para qué, Lágrimas et Triqui tra. Ses 600 compositions lui valent d’être inhumée au panthéon SADAIC (société des auteurs et compositeurs argentins) du cimetière de la Chacarita (Buenos Aires).
Virgilio San Clemente
Virgilio San Clemente est surtout un poète. On lui doit cependant les paroles de El adios, et de quelques autres titres, comme la jolie valse Viejo jardín et sans doute Dulce amargura (mais il y a un doute, car il est mentionné tantôt comme compositeur ou comme parolier). Comme il m’est impossible de départager les deux possibilités, voici où j’en suis de l’investigation…
Il n’est pas toujours facile de s’y retrouver. Ici, Dulce amargura sur trois disques de Fresedo, Nano Rodrigo et Ignacio Corsini. Sur seulement deux des trois, Virgilio San Clemente est mentionné.
Sur le disque de gauche, Fresedo (1938), Virgilio San Clemente est indiqué comme compositeur. Sur celui du milieu, Nano Rodrigo (1940), ce sont Torres et Alperi et sur celui de droite qui est une réédition en vinyle de l’enregistrement de 1938 de Corsini, il y a bien les trois noms, mais sans distinction de fonction. En résumé, si Virgilio était poète, il a peut-être composé un tango et à assurément écrit les paroles d’autres. Torres et Alperi ne sont pas des compositeurs connus, on ne peut pas lever le doute sur la composition de ce titre tant que l’on n’a pas la partition originale que je n’ai pas encore trouvée. En attendant, je penche plutôt du côté où San Clemente s’est cantonné aux paroles pour Dulce Amargura. Les deux œuvres sont écrites de façon comparable, en trois parties et avec des rimes approximatives, mais devinables. Viejo jardín est différent, il y a plus de couplets, mais les rimes sont également très approximatives. Ces indices, très légers n’invalident pas la possibilité qu’il soit l’auteur des trois textes.
Extrait musical
La partition, mentionnant Ignacio Corsini qui a étrenné le tango.El adiós 1938-04-02 — Orquesta Edgardo Donato con Horacio Lagos.
Les cordes sont très présentes dans cette version, en legati des violons et en pizzicati. Quelques accents des bandonéons. Le piano chante également sa partie à tour de rôle jusqu’à à 1 :42 entre en scène Lagos qui ne chante que très brièvement, seulement le premier couplet. Il explique le thème et laisse la parole aux instruments pour les 55 dernières secondes.
Les paroles
En la tarde que en sombras se moría, buenamente nos dimos el adiós ; mi tristeza profunda no veías y al marcharte sonreíamos los dos. Y la desolación, mirándote al partir, quebraba de emoción mi pobre voz… El sueño más feliz, moría en el adiós y el cielo para mí se obscureció. En vano el alma con voz velada volcó en la noche la pena… Sólo un silencio profundo y grave lloraba en mi corazón.
Sobre el tiempo transcurrido vives siempre en mí, y estos campos que nos vieron juntos sonreír me preguntan si el olvido me curó de ti. Y entre los vientos se van mis quejas muriendo en ecos, buscándote… mientras que lejos otros brazos y otros besos te aprisionan y me dicen que ya nunca has de volver.
Cuando vuelva a lucir la primavera, y los campos se pinten de color, otra vez el dolor y los recuerdos de nostalgias llenarán mi corazón. Las aves poblarán de trinos el lugar y el cielo volcará su claridad… Pero mi corazón en sombras vivirá y el ala del dolor te llamará. En vano el alma dirá a la luna con voz velada la pena… Y habrá un silencio profundo y grave llorando en mi corazón.
Dans la soirée qui se meurt en ombres, Nous nous sommes tout bonnement dit adieu ; (un adieu comme si c’était un au revoir pour elle). Tu ne voyais pas ma profonde tristesse Et quand tu es partie, nous sourions tous les deux. Et la désolation, de te regarder partir, brisa d’émotion, ma pauvre voix… Le rêve le plus heureux est mort dans l’adieu Et le ciel pour moi s’est obscurci. En vain l’âme d’une voix voilée déversa le chagrin dans la nuit… Juste un silence profond et grave pleurait dans mon cœur.
À propos du temps écoulé, tu vis toujours en moi, et ces champs qui nous ont vus sourire ensemble me demandent si l’oubli m’a guéri de toi. Et parmi les vents mes plaintes s’en vont mourant en échos te cherchant… pendant qu’au loin d’autres bras et d’autres baisers t’emprisonnent et me disent que jamais, tu ne reviendras.
Quand le printemps brillera à nouveau, et que les champs se peindront de couleurs, encore une fois, la douleur et les souvenirs rempliront mon cœur de nostalgie. Les oiseaux peupleront de trilles l’espace et le ciel répandra sa clarté… Mais mon cœur vivra dans l’ombre et l’aile de la douleur t’appellera. En vain l’âme dira à la lune d’une voix voilée, la douleur… et il y aura un silence profond et grave Pleurant dans mon cœur.
Autres versions
El adiós 1938-03-03 — Orquesta Francisco Canaro con Roberto Maida.
Cette version fait jeu égal avec celle de Donato. Je sais que certains danseurs préfèrent celle de Donato, mais pour moi, il est difficile de les départager. Dans un bal, je peux passer indifféremment l’une ou l’autre, selon l’ambiance que je veux donner. La version de Canaro marche de façon obstinée, avec de jolis passages de violons ondulants et des moments de piano qui ponctuent. Rien de monotone dans cette version, toujours entraînante.
El adiós 1938-03-15 — Ignacio Corsini con guitarras de Pagés-Pesoa-Maciel.
Avec un accompagnement de guitares, Corsini chante l’intégralité des paroles. Corsini a enregistré 12 jours après après Canaro, mais il a été le premier à jouer le titre, comme en témoigne la partition.
El adiós 1938 Hugo Del Carril con orquesta.
C’est une version à écouter. La voix d’Hugo Del Carril exprime avec émotion les sentiments du narrateur. C’est à comparer avec l’enregistrement d’Ignacio Corsini de la même époque. La voix de Del Carril pourrait tenir la comparaison avec les versions de Maida et Lagos. L’orchestre est également agréable, on se prend à regretter qu’une version de danse ne soit pas venue compléter cet enregistrement.
El adiós 1938-04-02 — Orquesta Edgardo Donato con Horacio Lagos. C’est le tango du jour.El adiós 1954-01-28 – Ángel Vargas con su orguesta dirigida por Armando Lacava.
Pour une version de chanteur, cette interprétation de Vargas. Donne la part belle à l’orchestre de Lacava. Le thème est chanté par les instruments avec des variations d’intensités qui donnent de la structure à la musique. Après une minute Vargas commence et chante, une minute environ, laissant les 45 dernières à l’orchestre, sauf une courte reprise de la seconde partie du refrain en final. Cette version de chanteur est presque un tango de danse.
El adiós 1963 – Orquesta Osvaldo Pugliese con Jorge Maciel.
Hier, je parlai de Recuerdo. La version de El adiós n’est assurément pas un tango conçu pour la danse. C’est musicalement sublime, même si la voix de Maciel peut parfois être modérément appréciée. Je sais que beaucoup de danseurs se battront pour le danser sur la piste. Alors, je pourrai le passer, mais il y a tant de belles choses de Pugliese parfaites pour la danse que Maciel ne sera pas une de mes priorités, même si les danseurs applaudissent souvent (ce qui ne se fait pas à Buenos Aires).
El adiós 1973 — Hugo Díaz.
C’est la seule version instrumentale de ma sélection, mais l’harmonica d’Hugo Díaz est comme une voix. Il commence par un cri déchirant et ensuite semble pleurer. La guitare le rejoint mais avec un tampon imparable, qui s’ajuste parfois aux accents les plus tristes de l’harmonica. Du très grand Hugo Díaz. À priori, ce n’est pas pour la danse, mais cette version est tellement émouvante qu’elle pourrait participer à une belle tanda particulière. Il y a une vingtaine d’année, une danseuse adorait et lorsque j’animais la milonga, je passais souvent cet artiste quand elle était là. Pour terminer, une version de 2010 par le Dúo Angelozzi-Cavacini auquel s’est jointe Ivana Fortunati. Cet enregistrement est en hommage à Remo Angelozzi récemment décédé. Vous le connaissez sans doute mieux sous son nom d’artiste, Raúl Angeló quand il était, notamment le chanteur de l’orchestre d’Edgardo Donato (en 1953).
Orquesta Típica de Luis Chera en 1948. De gauche à droite Luis Martino (je crois que c’est le père du pianiste et chef d’orchestre Miguel Martino), Carlos Cordó, Luis Prati, Raúl Angeló (Remo Angelozzi) le chanteur, Luis Chera, Raúl Sarrot, Agustín Garnro, Justo Ithurralde, Francisco Tortosa et Esteban Cañete. Photo de la collection de Lautaro Kaller.El adiós 2010 — Dúo Angelozzi-Cavacini junto a Ivana Fortunati. Analia Angelozzi et Ivana Fortunati sont accompagnées par Pablo Cavacini et Jose Morán à la guitare et par Bocha Luca au bandonéon.Raúl Angeló, Aldo Calderón, Jorge Sucher y Edmundo Rivero — Rosario 70s, La Cueva del Tango collection de Lautaro Kaller
Adiós queridos amigos, hasta mañana.
El adiós.
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