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Temo 1940-05-10 — Orquesta Típica Victor con Mario Pomar (Mario Celestino Corrales)

Aguariguay (Mario Luis Rafaelli) Letra: Atilio Gálvez (Atilio Manuel Perasso)

Temo (j’ai peur), est une valse mer­veilleuse qui depuis une quin­zaine d’années fait par­tie des valses les plus passées en milon­ga. Lorsque les pre­mières notes reten­tis­sent, les danseurs se ruent sur la piste.

Une équipe de choc

Cer­tains danseurs pensent que l’orchestre Típi­ca Vic­tor est un orchestre comme un autre. Il s’agit en fait d’un orchestre des­tiné aux enreg­istrements. Il ne se pro­dui­sait pas sur scène.
Son autre par­tic­u­lar­ité est qu’il a changé de chef au cours du temps. Le pre­mier Cara­bel­li n’est plus dans l’orchestre au moment de l’enregistrement de Temo. C’est le ban­donéon­iste Fed­eri­co Scor­ti­cati qui dirige l’orchestre à ce moment. Cet excel­lent ban­donéon­iste, encore un enfant prodi­ge a joué pour les plus grands orchestres et mal­gré sa dis­cré­tion, la com­pag­nie Vic­tor lui con­fia la direc­tion de l’orchestre, de 1935 à 1941. Il était mod­este, mais excel­lent.
La Vic­tor savait choisir ses musi­ciens, voici la liste de ceux qui tra­vail­laient pour l’orchestre au moment de l’enregistrement de notre valse du jour :
Fed­eri­co Scor­ti­cati (direc­tion et ban­donéon) Eduar­do Del Piano (ban­donéon), Hora­cio Golli­no (ban­donéon), Domin­go Triguero (ban­donéon), Héc­tor Stam­poni (piano), Elvi­no Var­daro (vio­lon), Víc­tor Felice (vio­lon), Víc­tor Braña (vio­lon), Abra­ham Gosis (vio­lon), Emilio González (vio­lon), Hum­ber­to Di Tata (con­tre­basse) et au chant, Mario Pomar. Que l’on sem­ble plus désor­mais appel­er par son nom réel, Cor­rales, je ne con­nais pas la rai­son de cette mode.

Extrait musical

Temo 1940-05-10 — Orques­ta Típi­ca Vic­tor con Mario Pomar. Je vous laisse écouter cette mer­veille. On en repar­lera plus bas…

Paroles

Porque tus ojos me huyen
Aca­so no me amas ya…
Dime que lo haces tan sólo
Por ver si te quiero más…
Dilo, no ves que mi alma
Espera escuchar tu voz…
Entre can­ciones de besos
Me dices: “Te quiero, mi vida…”

Temo que ya no me quieras
Que ya no me quieras más…
Y es cru­el tor­tu­ra el pen­sar
Que no me amas, que a otro amás…
Dime que es fiel tu car­iño
Dime que es mío, muy mío,
Que sólo me huyen tus ojos
Por verme sufrir.

Aguar­iguay (Mario Luis Rafael­li) Letra: Atilio Gálvez (Atilio Manuel Peras­so)

Traduction libre

Pourquoi tes yeux me fuient-ils ? Peut-être que tu ne m’aimes plus ?
Dis-moi que tu le fais juste pour voir si je t’aime encore plus…
Dis-le, ne vois-tu pas que mon âme attend d’entendre ta voix, entre deux chan­sons de bais­ers me dire : « Je t’aime, ma vie… »
 J’ai peur que tu ne m’aimes pas, que désor­mais tu ne m’aimes plus et c’est une cru­elle tor­ture de penser que tu ne m’aimes pas, que tu aimes un autre…
Dites-moi que ton affec­tion est fidèle, dis-moi que tu es mienne, bien mienne, que tes yeux se détour­nent seule­ment, car ils me voient souf­frir.

Autres versions

Le suc­cès de cette valse est lié unique­ment à la ver­sion de la Típi­ca Vic­tor. Donc, pas vrai­ment d’autres ver­sions à vous pro­pos­er. Sig­nalons toute­fois que l’orchestre Hypéri­on l’a à son réper­toire et la joue régulière­ment. Mal­heureuse­ment les ver­sions dis­ques ne sont pas géniales et il vaut mieux écouter l’orchestre en direct.
Je vous pro­pose donc un autre exer­ci­ce, une tan­da de valse de la Típi­ca Vic­tor

Une tanda de valses

Faire une tan­da de la Típi­ca Vic­tor n’est pas si facile. Il y a pour­tant près de 50 valses par cet orchestre, mais comme nous l’avons vu, cet orchestre a des styles très dif­férents selon les épo­ques et les directeurs qui se sont suc­cédé.
Le but de la Vic­tor était d’enregistrer les gros suc­cès de l’époque, pas de faire des tan­das homogènes. N’oublions pas qu’il ne s’agit pas d’un orchestre de bal, seule­ment d’un orchestre de dis­ques.

Construction d’une tanda avec Mario Pomar au chant

En général, on s’arrange pour plac­er dans une tan­da des titres du même orchestre. S’il y a un chanteur, on reste sou­vent avec le même chanteur, dans la même péri­ode et le même style.
Avec la Vic­tor, autour de la valse Temo, si on suit ce principe, on n’a que trois autres valses à pro­pos­er. Les voici par ordre chronologique avec Temo pour ter­min­er :

Vuelve otra vez 1939-05-08 — Orques­ta Típi­ca Vic­tor con Mario Pomar.

Ce titre démarre d’une façon assez rapi­de. Il a con­tre lui de ne pas être beau­coup joué. Pour un pre­mier titre, il y a donc le risque que ça ne se lève pas assez vite. Il a un autre point faible, lorsque Pomar com­mence à chanter, le rythme a un peu ralen­ti. L’ingénieur du son a de plus net­te­ment bais­sé le vol­ume de l’orchestre pour favoris­er la voix, ce qui peut faire per­dre le pas aux danseurs. N’oublions pas le con­seil de Adol­fo Pugliese, à son fils, Osval­do : « regarde les pieds des danseurs. S’ils per­dent la musique, c’est de ta faute ». Sur une tan­da de trois, je ne met­trais pas ce titre.

Noche de estrel­las 1939-10-04 — Orques­ta Típi­ca Vic­tor con Mario Pomar.

En revanche Noche de estrel­las est suff­isam­ment con­nu pour faire un pre­mier titre et même s’il n’est pas plus rapi­de que la précé­dente, ses jeux de vio­lons et ban­donéons la rende moins monot­o­ne. Pomar chante égale­ment de façon plus tonique. Sur une tan­da de trois, c’est un excel­lent pre­mier titre.

Ani­ta 1939-12-12 — Orques­ta Típi­ca Vic­tor con Mario Pomar.

Ani­ta a un rythme plus rapi­de. Elle est entraî­nante. Le style est cepen­dant dif­férent des deux pre­mières valses. Pour ma part, cela me gêne. En revanche, la fin est entraî­nante. Le change­ment de tonal­ité vers un son plus aigu donne l’impression d’accélération. La fin est donc très sat­is­faisante pour les danseurs.

Temo 1940-05-10 — Orques­ta Típi­ca Vic­tor con Mario Pomar.

On arrive à notre valse du jour, la vedette des enreg­istrements avec Pomar. Aucun prob­lème pour ter­min­er la tan­da, avec cette valse, car le titre est con­sen­suel. Cepen­dant, si on a passé avant Ani­ta, on peut trou­ver que la fin manque d’élan
Dans ce cas on pour­rait imag­in­er de pass­er Ani­ta en dernier. Mais c’est un peu comme ter­min­er un repas en reprenant du fro­mage après le dessert. C’est là que l’observation des danseurs est très impor­tante. En effet, selon le moment de la milon­ga, selon ce qu’on va met­tre ensuite, on ne fera pas le même choix. Il est sûr que les deux pre­miers titres iront au début d’une tan­da de qua­tre et que les deux derniers iront à la fin d’une tan­da de qua­tre. Si on fait une tan­da de trois, ce qui com­mence à devenir courant, notam­ment pour les valses, même à Buenos Aires. On pour­rait donc avoir :

Noche de Estrel­las — Ani­ta — Temo ou Noche de Estrel­las — Temo — Ani­ta.

Je pencherai plutôt pour la sec­onde solu­tion, car la petite décep­tion d’avoir Ani­ta après Temo sera absorbée par la fin plus tonique, mais c’est le type de cas où je prends la déci­sion dans les 20 sec­on­des qui précè­dent l’avant-dernier titre…

Exploration d’autres tandas à partir de Temo

Il y a d’autres pos­si­bil­ités que de se can­ton­ner aux qua­tre valses de Pomar.

Prendre une ou des valses de la Típica Victor, instrumentales ou par un autre chanteur.

C’est sou­vent ce qu’on fait quand on veut faire une tan­da des grands hits. Dans ce cas, on va plac­er les valses les plus fameuses de cet orchestre, comme Sin rum­bo fijo (chan­tée par Ángel Var­gas).

Sin rum­bo fijo 1938-04-18 — Orques­ta Típi­ca Vic­tor con Ángel Var­gas.

La voix est moyen­nement com­pat­i­ble, mais la musique, si, et après tout, le chanteur ne chante qu’une toute petite par­tie, ce qui fait que les danseurs auront oublié la dif­férence de voix.
Atten­tion, cer­tains chanteurs ne vont pas du tout ensem­ble. Par exem­ple, Car­los Lafuente qui chante un mois avant Pomar la valse Ínti­ma risque d’être très gênant.

Ínti­ma 1940-04-11 — Orques­ta Típi­ca Vic­tor con Car­los Lafuente.

Toute­fois, on peut faire pire en prenant une valse d’un car­ac­tère totale­ment dif­férent, ici, tou­jours par Lafuente, Lamen­tos de mujer :

Lamen­tos de mujer 1933-05-24 — Orques­ta Típi­ca Vic­tor con Car­los Lafuente.

Dans ce cas extrême, les deux valses par Lafuente ne vont même pas ensem­ble. On notera que l’introduction très longue (40 sec­on­des) devra être coupée pour un pas­sage en cours de tan­da afin d’éviter que les danseurs, même les plus bavards, s’ennuient.
Si on ne veut pas pren­dre de risque de mélanger des voix incom­pat­i­bles, on peut mix­er avec de l’instrumental, par exem­ple en choi­sis­sant la valse Novia mía :

Novia mía 1938-01-07 — Orques­ta Típi­ca Vic­tor.

Pren­dre des titres célèbres pour faire une super tan­da est une excel­lente solu­tion. Son seul incon­vénient pour des milon­gas de très longue durée (8 heures ou plus comme j’en fais sou­vent), c’est que l’on grille toutes ses car­touch­es dans une tan­da. Si on veut faire une autre tan­da sem­blable quelques heures plus tard, on a moins de choix de morceaux phares. C’est aus­si le même prob­lème dans les événe­ments où se suc­cè­dent plusieurs DJ qui ne s’écoutent pas (ou qui tra­vail­lent avec des playlists immuables), on peut avoir deux fois de suite les mêmes morceaux. À Buenos Aires où les milon­gas durent sou­vent longtemps, il arrive qu’il y ait deux DJ. Lors de la pas­sa­tion de « pou­voir », on indique au col­lègue ce qu’on a passé pour qu’il évite les répéti­tions. Cela lui per­met aus­si de bouch­er les éventuels trous, les orchestres qui ne sont pas passés, par exem­ple. Pour ma part quand je passe après d’autres DJ, j’évite les répéti­tions et si j’anime tout un week-end (5 ou 6 milon­gas), je garde des tanga­zos (tan­gos très appré­ciés) pour chaque orchestre afin de pou­voir pro­pos­er une var­iété, sans épuis­er les titres incon­tourn­ables trop rapi­de­ment.

Prendre un titre par un autre orchestre

Pour les enreg­istrements anciens de la Típi­ca Vic­tor, avec Cara­bel­li, il est assez logique de mari­er les tan­das avec des titres de Cara­bel­li dirigeant son orchestre per­son­nel. Dans le cas de Scor­ti­cati, c’est impos­si­ble, il n’a pas enreg­istré avec ses pro­pres orchestres qui étaient par ailleurs tem­po­raires et plus de cir­con­stance que la volon­té de ce ban­donéon­iste d’avoir son orchestre. Cela se fait très peu en tan­go. En revanche, cela se pra­tique assez sou­vent en milon­ga et en valse. Cela peut être une bonne solu­tion. Encore faut-il que le DJ le fasse avec goût. Rien de plus frus­trant pour un danseur de s’élancer sur la piste avec un thème qui lui plaît et de se retrou­ver ensuite avec un titre qui ne l’inspire pas.
Voici une sug­ges­tion, un peu lim­ite, mais qui peut pass­er avec Temo, du moins à mon avis.

Con tus besos 1938-04-02 — Orques­ta Edgar­do Dona­to con Hora­cio Lagos.

Con tus besos pour­rait faire un bon début de tan­da.

Pourquoi tu as peur, mon gars ?

Pasado florido 1945-04-04 — Orquesta Ricardo Malerba con Antonio Maida

Rosendo Luna (Enrique Domingo Cadícamo) paroles et musique

Aujourd’hui, un tan­go un peu rare, car il n’a été enreg­istré qu’une fois et par un orchestre peu passé en milon­ga, avec un chanteur encore plus rare. En revanche, les paroles et la musique sont par le fameux Rosendo Luna (Enrique Domin­go Cadí­camo). Elles par­lent du Buenos Aires dis­paru et de quelques sou­venirs qu’il peut être intéres­sant de révis­er…

Extrait musical

Pasa­do flori­do 1945-04-04 — Orques­ta Ricar­do Maler­ba con Anto­nio Mai­da

Les paroles

Buenos Aires, has cam­bi­a­do como yo cam­bié de a poco.
Soy del tiem­po de tus focos, los primeros que hubo a gas.
Yo bailé en Rodríguez Peña, con la orques­ta de los Gre­co
y has­ta aquí me lle­ga el eco y me enciende su com­pás…

Yo me acuer­do del T.V.O., de la calle Montes de Oca,
de un café que había en La Boca, donde Aro­las empezó.
Y de Andrade, buen ami­go, que en un baile lo mataron…
¡Esas cosas ya pasaron pero tienen su emo­ción!

De aquel pasa­do flori­do
de mil nove­cien­tos once,
viene el recuer­do queri­do
en ancas de aquel entonces…
La noche cuan­do Manolo
me provocó con los Vieyra
y como yo esta­ba solo
no quise hac­erme el Moreyra.
Si hubiese vivi­do Andrade no que­da ni uno, esa vez.

Cuán­tas noches nos larg­amos con Cieli­to y con Cebal­los
en los coches de cabal­los, por tus calles a pasear…
Y una vez, cuan­do entre copas, por hac­er un chiste de antes
fui a sen­tarme en el pes­cante y me puse a mane­jar…
Buenos Aires de Fray Mocho y de Caras y Care­tas
en tus plazas sin retre­tas, hoy me pon­go a sus­pi­rar…
Y al mirar como has cam­bi­a­do, mi Buenos Aires queri­do
por aque­l­lo que he vivi­do, sien­to ganas de llo­rar.

Rosendo Luna (Enrique Domin­go Cadí­camo) paroles et musique

Traduction libre et indications

Buenos Aires, tu as changé comme j’ai changé, peu à peu.
Je suis de l’époque des réver­bères, les pre­miers qui étaient au gaz.
J’ai dan­sé à Rodríguez Peña,

avec l’orchestre Gre­co (Vicente Gre­co dit Gar­rote, Ban­donéiste, chef d’orchestre et com­pos­i­teur. 1888–1924).
Et c’est aus­si loin que l’écho m’atteint et tourne sur son rythme…
Je me sou­viens du T.V.O., rue Montes de Oca, (Un tan­go de Adela del Valle [1897–19 ??] se nomme ain­si, sans doute en sou­venir du même étab­lisse­ment. T.V.O. = Te veo [je te vois]. La rue Montes de Oca était dans le quarti­er à l’époque chic de Buenos Aires, Bar­ra­cas. C’est encore quelque chose qui a changé, Bar­ra­cas ayant une mau­vaise répu­ta­tion aujourd’hui).

T.V.O (Té Veo) — Adela del Valle

d’un café de La Boca, où Aro­las a fait ses débuts.

(On a vu à pro­pose de Loren­zo que le Tigre du ban­donéon [Aro­las] rodait du côté du Café Roy­al, plus con­nu sous son surnom de Café del Griego).

Et Andrade, un bon ami, qu’ils ont tué dans un bal… (Il n’est pas le seul… Peut-être un Brésilien).  
Ces choses-là c’est du passé, mais elles ont leurs émo­tions !
De ce passé fleuri de mil neuf cent onze, le cher sou­venir vient sur le dos (du cheval) de l’époque…
La nuit où Manolo (les paroles écrites en 1983 par Pedro Colom­bo pour le tan­go « Manolo » sem­blent con­ter cette his­toire) m’a provo­qué avec les Vieyras
Et comme j’étais seul, je ne voulais pas jouer le Moreyra.
Si Andrade avait vécu, il n’en serait pas resté un seul, cette fois-là. (beau­coup de can­di­dats pos­si­bles, je n’arrive pas à la départager).
Com­bi­en de nuits sommes-nous par­tis avec Cieli­to et Cebal­los dans des voitures à chevaux, nous promen­er dans tes rues…
Et une fois, entre deux ver­res, pour faire une blague d’antan, je suis allé m’asseoir sur le siège et j’ai com­mencé à con­duire…
Buenos Aires de Fray Mocho (José Ciri­a­co Alvarez [1858 –1903] écrivain et jour­nal­iste)

et Caras y Care­tas (Revue fort intéres­sante et qui mal­gré quelques éclipses, con­tin­ue d’être pub­liée aujourd’hui) vos places sans spec­ta­cles de rue, aujourd’hui je com­mence à soupir­er…
Et en voy­ant à quel point tu as changé, mon Buenos Aires bien-aimé, à cause de ce que j’ai vécu, j’ai envie de pleur­er.

Rosendo Luna (Enrique Domingo Cadícamo)

Cadicamo, (Rosen­da Luna ou Yino Luzzi) a vécu tout le vingtième siè­cle. Du 15 juil­let 1900 au 3 décem­bre 1999).
Il a com­posé et/ou écrit les paroles de plus de 800 titres, majori­taire­ment des tan­gos, mais aus­si d’autres rythmes
Quelques exem­ples par­mi le plus con­nus :
A mí no me hablen de penas Tan­go (1940)
A otra cosa che pebe­ta Tan­go
A pan y agua Tan­go
A quién le puede impor­tar Tan­go
Adiós [d] Poe­ma lun­far­do
Adiós Aro­las (Se llam­a­ba Eduar­do Aro­las) Tan­go (1949)
Adiós Chante­cler Tan­go
Al mun­do le fal­ta un tornil­lo Tan­go (1933)
Almi­ta heri­da Tan­go
Anclao en París Tan­go (1931)
Angel Var­gas el ruiseñor Tan­go
Apología tanguera Milon­ga (1933)
Aque­l­los tiem­pos Tan­go
Ara­ca llegó Novar­ro Tan­go
Argañaraz (Aque­l­las far­ras) Tan­go (1930)
Ave de paso Tan­go (1937)
Bai­lon­go Tan­go
Ban­dera baja-Ella se reía Milon­ga
Baquiano pa’ ele­gir Tan­go (1930)
Bara­ja de amor Tan­go
Bara­jan­do recuer­dos Tan­go
Berretín Tan­go (1928)
Bichi­tos de luz Tan­go
Boe­do y San Juan Tan­go
Bole­ta Tan­go
Brindemos com­pañero Tan­go
Bru­mas Tan­go
Cabaret Tan­go
Café de Bar­ra­cas (No) Tan­go
Café Nacional Poe­ma lun­far­do
Calan­dria (Dejá el bodegón) Tan­go
Calle­jera Tan­go (1929)
Cam­biá de vida Tan­go (1938)
Can­ción del inmi­grante Tan­go
Can­cionera Tan­go
Car­navales de mi vida (Mosca muer­ta) Tan­go
Car­pe­ta Tan­go
Char­maine Vals
Che Bar­to­lo Tan­go (1928)
Che papusa oí Tan­go (1927)
Cherí Can­ción
Cien años Can­ción
Colom­bi­na (Tere­si­ta) Tan­go
Como un sueño Tan­go
Com­padrón Tan­go (1927)
Copas, ami­gas y besos Tan­go (1944)
Cor­tan­do camino Vals (1941)
Cruz de palo Tan­go (1929)
Cuál de los dos Tan­go
Cuan­do miran tus ojos Vals
Cuan­do tal­lan los recuer­dos Tan­go (1943)
Cumpli­do Tan­go
De todo te olvi­das (Cabeza de novia) Tan­go (1929)
Descarte Milon­ga
Desvelo (De flor en flor) Tan­go (1938)
Dice un refrán Tan­go (1942)
Dolor milonguero Tan­go
Dos en uno Tan­go
El bar de Rosendo Tan­go
El beso aquel Tan­go
El can­tor de Buenos Aires Tan­go (1936)
El cuar­teador Tan­go (1941)
El llorón Tan­go
El Moro­cho y el Ori­en­tal (Gardel-Raz­zano) Milon­ga (1946)
El que atrasó el reloj Tan­go (1933)
El telé­fono Tan­go (1963)
El trompi­to Tan­go
Ella se reía Poe­ma lun­far­do
En la bue­na y en la mala Tan­go (1940)
En lo de Lau­ra Milon­ga
En un puebli­to de España Vals
En una petite garçoniere de Mont­marte Tan­go
Ensueños Tan­go
Estación Tan­go Tan­go
Estrel­la fugaz Vals
Fan­far­rón Tan­go (1928)
Gal­lo Viejo Tan­go
Garúa Tan­go (1943)
Gigoló com­padri­to Tan­go
Gotán Tan­go
Guapo de la guardia vie­ja Tan­go
Gui­tar­ra que llo­ra Tan­go
Ham­bre Tan­go (1932)
Her­mano tor­do Poe­ma (1982)
Hojaras­ca Tan­go
Hoy es tarde Tan­go
Humo Tan­go
Igual que una som­bra Tan­go (1946)
Impro­visan­do Milon­ga
Inter­va­lo Tan­go
Jua­na Rebenque Tan­go
La bar­ran­ca Tan­go
La bia­ba de un beso Tan­go
La calle sin sueño Tan­go
La casita de mis viejos Tan­go (1932)
La div­ina dama Vals
La epopeya del tan­go Poe­ma
La luz de un fós­foro Tan­go (1943)
La novia ausente Tan­go (1933)
La reina del tan­go Tan­go (1928)
Lagrim­i­tas de mi corazón Vals
Llo­ra vida mía Tan­go
Llo­rar por una mujer Tan­go
Los com­padri­tos Tan­go
Los marea­d­os Tan­go (1942)
Luna de arra­bal Vals (1934)
Madame Ivonne Tan­go (1933)
Mal de ausen­cia [b] Vals
Mano bra­va Milon­ga (1941)
Mañan­i­tas de mi Pam­pa Tan­go (1953)
María [b] Pol­ca
María Milon­ga Milon­ga
Mas­cari­ta [c] Vals (1946)
Melodía ori­en­tal Tan­go
Mi chiq­ui­ta Tan­go (1963)
Mi tra­je de novia Tan­go
Mi vida [b] Vals (1934)
Mien­tras gime el ban­doneón Tan­go
Mis lágri­mas Tan­go
Moc­i­to rana Tan­go
Mojar­ri­ta Tan­go
Moreni­ta mía Tan­go
Muñe­ca bra­va Tan­go (1929)
Muñe­ca cru­el Tan­go
Naipe Tan­go (1944)
Niebla del Riachue­lo Tan­go (1937)
No hay tier­ra como la mía Milon­ga
No me impor­ta su amor Tan­go
No ven­drá Tan­go (1945)
Noche de estrel­las Vals
Noches blan­cas Vals
Nor­ma Poe­ma lun­far­do
Nos­tal­gias Tan­go (1936)
Notas de ban­doneón Tan­go
Nun­ca tuvo novio Tan­go (1930)
Olvi­dao Tan­go (1932)
Orgul­lo tanguero Tan­go
Orques­ta Típi­ca Tan­go
Pa’ mí es igual Tan­go (1932)
Pa’ que bailen los mucha­chos Tan­go (1942)
Palais de Glace Tan­go (1944)
Pasa­do flori­do Tan­go
Pebe­ta gra­ciosa Tan­go
Per­don­ame Vals
Piano alemán Fox charleston
Picaneao Tan­go (1953)
Pico de oro Tan­go
Piro­pos Tan­go
Pitu­ca Tan­go (1930)
Pobre piba Tan­go (1941)
Pocas pal­abras Tan­go (1941)
Pom­pas de jabón Tan­go (1925)
Por la vuelta Tan­go (1937)
Por las calles de la vida Tan­go (1942)
Por un beso de amor (Per un bacio d’amor) Vals
Pun­to alto Tan­go
Que te vaya bien Tan­go
Qué tor­ci­do andás Julián Tan­go
Quién dijo miedo Tan­go (1932)
Quién te ve Tan­go
Ramona [Cadí­camo] Vals
Ron­dan­do tu esquina Tan­go (1945)
Roñi­ta Tan­go
Rubí Tan­go (1944)
Salomé Tan­go
Salú per­can­ti­nas Tan­go
San­ta milon­gui­ta Tan­go (1933)
Se fue la pobre vieji­ta Tan­go
Se han sen­ta­do las car­retas Tan­go
Sea breve Tan­go
Sen­timien­to male­vo Tan­go (1929)
Shusheta Tan­go (1944) (El aristro­cra­to)
Si la lle­garan a ver Tan­go
Sin hilo en el car­retel Tan­go
Sol de medi­anoche Tan­go
Sol­lo­zo de ban­doneón Tan­go
Solo de ban­doneón Tan­go
Son cosas del ban­doneón Tan­go
Sub­ur­bio Tan­go
Tan­go de ayer Tan­go
Tan­go de lengue Tan­go
Te podés aco­modar (Zor­ro viejo) Tan­go
Ten­go mil novias Vals
Tradi­ción Tan­go
Tres ami­gos Tan­go (1944)
Tres esquinas Tan­go (1941)
Trovador mazor­quero Vals
Tu lla­ma­do Tan­go
Un dile­ma Tan­go
Una madre Tan­go
Vamos zaino Tan­go
Vas muer­to con el dis­fraz Tan­go (1930)
Vení vení Tan­go
Vie­ja reco­va Tan­go (1930)
Vie­jas ale­grías Tan­go (1937)
Viejo gra­ta Tan­go
Viejo patio Tan­go
Vil­la Urquiza Tan­go
Voy pa’viejo Tan­go
Y aquel car­iño se fue Tan­go (1939)
Y qué más Tan­go (1937)
Yo nací para ti tu serás para mí Fox­trot
Yo tan sólo veinte años tenía Vals
Yo te per­dono Tan­go (1927)
Zor­ro plateao Tan­go (1942)

Tormenta 1939-03-28 — Orquesta Francisco Canaro con Ernesto Famá

Enrique Santos Discépolo (musique et paroles)

Le 28 mars est un bon jour pour les enreg­istrements de tan­go et le choix a été dif­fi­cile. Je vous pro­pose Tor­men­ta inter­prété par Canaro et Famá, car son texte est d’une grande actu­al­ité avec ce qui se passe actuelle­ment en Argen­tine, les rich­es tou­jours plus rich­es et les pau­vres mourant de faim. En prime, une ver­sion de Tor­men­ta que vous n’avez jamais enten­due telle­ment elle est inat­ten­due…

Francisco Canaro et Ernesto Famá

Fran­cis­co Canaro a enreg­istré plus de 235 titres avec Ernesto Famá entre 1930 et 1941:
125 tan­gos, 37 valses, 13 milon­gas, et 60 rythmes jazz ou folk­loriques (Cor­ri­do porteño, Fox-Trot, March­es, Pasodobles, Pol­cas, Rancheras et même des airs mil­i­taires).
Ce mar­di 28 mars 1939, Canaro et Famá ont enreg­istré beau­coup de titres :

  • Qué impor­ta ! de Ricar­do Tan­turi (Ricar­do Luis Tan­turi) Letra : Juan Car­los Thor­ry (José Anto­nio Tor­rontegui)
  • Tor­men­ta de Enrique San­tos Dis­cépo­lo (musique et paroles)
  • Vanidad de Ger­ar­do Hernán Matos Rodríguez Letra: Wash­ing­ton Mon­tre­al
  • Noche de estrel­las (Vals) de José Luis Padu­la Letre : Enrique Cadí­camo
  • Tra-la-la (Vals) de Luis Teis­seire ; Ger­mán Roge­lio Teis­seire Letra : Jesús Fer­nán­dez Blan­co

C’est une époque chargée pour ces deux artistes. Famá est claire­ment le chanteur vedette de Canaro à cette époque, loin devant Fran­cis­co Amor, puis Roldán et Adrián.

Extrait musical

Tor­men­ta 1939-03-28 — Orques­ta Fran­cis­co Canaro con Ernesto Famá.

Dis­cépo­lo a fait la musique et écrit les paroles, l’œuvre est donc d’une grande cohérence.
Dis­cépo­lo l’a écrit pour le film Cua­tro cora­zones (Qua­tre cœurs), film dont il assure le scé­nario, la musique et le rôle prin­ci­pal…
Canaro enreg­istre quelques jours après la sor­tie du film, dans une ver­sion pour la danse, donc réar­rangée.

Les paroles

¡Aul­lan­do entre relám­pa­gos,
per­di­do en la tor­men­ta
de mi noche inter­minable,
¡Dios ! bus­co tu nom­bre…
No quiero que tu rayo
me enceguez­ca entre el hor­ror,
porque pre­ciso luz
para seguir…
¿Lo que aprendí de tu mano
no sirve para vivir ?
Yo sien­to que mi fe se tam­balea,
que la gente mala, vive
¡Dios! mejor que yo…

Si la vida es el infier­no
y el hon­ra­do vive entre lágri­mas,
¿cuál es el bien…
del que lucha en nom­bre tuyo,
limpio, puro?… ¿para qué?…
Si hoy la infamia da el sendero
y el amor mata en tu nom­bre,
¡Dios!, lo que has besa­do…
El seguirte es dar ven­ta­ja
y el amarte sucumbir al mal.

No quiero aban­donarte, yo,
demues­tra una vez sola
que el traidor no vive impune,
¡Dios! para besarte…
Enséñame una flor
que haya naci­do
del esfuer­zo de seguirte,
¡Dios! Para no odi­ar:
al mun­do que me des­pre­cia,
porque no apren­do a robar…
Y entonces de rodil­las,
hecho san­gre en los gui­jar­ros
moriré con vos, ¡feliz, Señor!

Enrique San­tos Dis­cépo­lo (musique et paroles)

Tania chante l’intégralité des paroles dans le disque, seule­ment une par­tie dans le film. En gras, la par­tie chan­tée par Ernesto Famá.

Traduction libre et indications

Hurlant au milieu des éclairs, per­du dans la tem­pête de ma nuit inter­minable,
Dieu ! Je cherche ton nom…
Je ne veux pas que tes éclairs m’aveuglent dans l’horreur, car j’ai besoin de lumière (Ici, « luz » est au mas­culin et il y a donc un jeu de mots, « luz » en lun­far­do, c’est l’argent. Il faudrait donc plutôt traduire, j’ai besoin d’argent) pour con­tin­uer…
Ce que j’ai appris de ta main ne sert-il pas pour vivre ?
Je sens que ma foi chan­celle, car les gens mau­vais vivent,
Dieu ! Bien mieux que moi…

Si la vie est un enfer et que l’honneur est de vivre dans les larmes, quel est le béné­fice…
de celui qui com­bat en ton nom, être pro­pre, pur ?… À quoi bon ?…
Si aujourd’hui l’infamie ouvre le chemin et que l’amour tue en ton nom,
Dieu, qu’as-tu embrassé…
Te suiv­re, c’est laiss­er l’avantage (aux autres) et t’aimer c’est suc­comber au mal­heur.

Je ne veux pas t’abandonner, prou­vez une seule fois que le traître ne vit pas impuni,
Dieu ! Pour t’embrasser…
Mon­trez-moi une fleur qui soit née de l’effort de te suiv­re,
Dieu ! Pour ne pas haïr :
Le monde qui me méprise, parce que je n’apprends pas à vol­er…
Et ensuite à genoux, saig­nant dans les cail­loux, je mour­rai avec toi ; heureux ; Seigneur !

Autres versions

Pour com­mencer, une petite sur­prise à voir jusqu’au bout pour décou­vrir une ver­sion incroy­able de Tor­men­ta, à la toute fin de cet extrait…

Tor­men­ta 1939-01-11 — Tania con acomp. de Orques­ta. Dans le film « Cua­tro cora­zones » réal­isé par Car­los Schlieper et Enrique San­tos Dis­cépo­lo selon le scé­nario de ce dernier et écrit en col­lab­o­ra­tion avec Miguel Gómez Bao.
Le film est sor­ti le 1er mars 1939.
Acteurs : Enrique San­tos Dis­cépo­lo, Glo­ria Guzmán, Irma Cór­do­ba, Alber­to Vila, Eduar­do San­dri­ni et Her­minia Fran­co.
Tor­men­ta 1939-01-11 — Tania con acomp. de Orques­ta.

C’est la ver­sion disque de la chan­son du film. Con­traire­ment au film, la chan­son est chan­tée en entier et il n’y a pas la fin déli­rante présen­tée dans le film.

Tor­men­ta 1939-03-28 — Orques­ta Fran­cis­co Canaro con Ernesto Famá. C’est le tan­go du jour.

Canaro enreg­istre quelques jours après la sor­tie du film.

Tor­men­ta 1939-03-30 — Orques­ta Fran­cis­co Lomu­to con Jorge Omar.

Deux jours après Canaro, Lomu­to suit le mou­ve­ment dans le sil­lage du film. Il est intéres­sant de com­par­er ses arrange­ments par rap­port à ceux de Canaro.

Tor­men­ta 1954-09-08 — Orques­ta Car­los Di Sar­li con Mario Pomar.

Le seigneur del tan­go donne 15 ans plus tard sa ver­sion. Du grand Di Sar­li avec le mag­nifique Mario Pomar.

Tor­men­ta 1962 — Orques­ta José Bas­so con Flo­re­al Ruiz.

On ter­mine avec cette ver­sion des­tinée à l’écoute, comme la pre­mière de la liste, celle de Tania.