Les Argentins raffolent des surnoms (apodos). On en trouve des dizaines dans les titres de tangos, el aristócrata, el cachafaz, el tarta, cabeza de indio, el rana, Shusheta, el porteñito, el taita, el gavilán, pinela, el descolao, el entrerriano… mais ici, je vous propose de retrouver des surnoms de musiciens et chanteurs de tango.
Petite liste de surnoms
Il est parfois difficile de distinguer le surnom donné par les collègues et amis et les pseudonymes ou nom d’artiste choisi délibérément par celui qui le porte. J’ai limité cette petite liste aux surnoms, même si, pour certains, je ne peux pas garantir que le porteur ne soit pas à l’origine de la diffusion du surnom.
Notez également que j’ai indiqué le pseudonyme usuel pour référence et pas le nom réel que, de toute façon les artistes n’utilisaient pas toujours.
Adolfo Pérez : Pocholo
Adriana Varela : La gata
Agustín Bardi : Mascotita
Alberto Gómez : Nico / El cabezón / El pingo de Lomas
Alberto Marino : La voz de oro del tango
Alfredo De Angelis : El colorado (de Banfield) / Orquesta de calecita (la musique de De Angelis était beaucoup jouée dans les manèges pour enfants, car elle plaisait beaucoup aux femmes. Les danseurs venaient y danser pour inviter les nounous et autres femmes attirées par la musique).
Alfredo Gobbi : El violín romántico del tango
Ángel Condercuri : Del Conde
Ángel Santos Carreño : Príncipe Cubano
Ángel Vargas : El Ruiseñor de las calles porteñas
Aníbal Troilo : Pichuco / El gordo / El bandoneón mayor de Buenos Aires
Astor Piazzolla : El gato / El gran Astor / El asesino del tango
Azucena Maizani : La Ñata Gaucha
Bernardo Mitnik : Chico Novarro
Carlos Demaría : Yo toqué
Carlos Di Sarli : El Tuerto / El señor del tango / Mufa (porte malchance)
Carlos Gardel : El zorzal criollo / Carlitos / El Morocho del Abasto / El Mago / El Rey del Tango / El Mudo / El Troesma (maestro) / El Imbatible de la canción / El Inmortal / El Invicto / El Impardable / El Inigualable / El Ídolo máximo / El Inolvidable / El Uno / El Más Grande / El cantor de los tres siglos / El cantor de la sonrisa eterna / El Mito viviente / El que cada día canta mejor / Don Carlos de Buenos Aires / El Inoxidable…
Carlos Marcucci : El pibe de Wilde
Celedonio Esteban Flores : El negro Cele
Ciriaco Ortiz : Ciriaquito
Edmundo Rivero : El Feo
Eduardo Arolas : El Tigre del bandoneón
Enrique Maciel : El Negro
Enrique Pollet : El Francesito
Ernesto Ponzio : El Pibe Ernesto
Francisco Bianco : Pancho Cueva
Francisco Canaro : Pirincho / El Kaiser / Don pancho
Francisco Cao Vázquez : Panchito Cao
Francisco Lomuto : Pancho Laguna
Gabino Ezeiza : Negro Ezeiza
Gabriel Clausi : Chula
Genaro Espósito : El Tano Genaro
Gerardo Matos Rodríguez : Becho
Héctor Stamponi : Chupita
Herberto Emiliano Da Costa : Príncipe Azul
Homero Aldo Expósito : Mimo
Ignacio Corsini : El caballero cantor
José María Contursi : Catunga
José Ricardo : El Negro
José Servidio : Balija
José Schumacher : Inglesito
Juan Bautista Deambroggio : Bachicha
Juan Bautista Guido : El Lecherito
Juan Cambareri : El Mago del Bandoneón
Juan Canaro : Macaco
Juan D’Arienzo : Grillito / El Rey del Compás
Juan Maglio : Pacho
Juan Polito : Manos Brujas (Comme Rodolfo Biagi dont il reprend le piano en 1938 dans l’orchestre de D’Arienzo)
Julio Sosa : El Varón del Tango
Leopoldo Thompson : El Negro / El Africano
Luis Teisseire : León rojo (Lion rouge)
Mercedes Simone : La Dama del Tango (comme Olga Delgrossi)
Nicolás Primiani : Pindeca
Olga Delgrossi : La Dama del Tango (comme Mercedes Simone)
Oscar Emilio Tirao : Cacho Tirao
Osvaldo Fresedo : El pibe de la Paternal
Osvaldo Pugliese : Anfimufa (anti malchance par opposition à Di Sarli) / San Pugliese
Pedro Maffia : El pibe de Flores
Prudencio Aragon : El Yoni
Rafael D’Agostino : Coco
Rafael Iriarte : El Ratita
René Cóspito : Don Goyo
Ricardo Brignolo : La Nena
Ricardo Tanturi : El caballero del tango
Roberto Goyeneche : El polaco
Rodolfo Biagi : Manos brujas
Tita Merello : La más rea del tango
Vicente Gorrese : Kalisay
Vicente Greco : Garrote
Cette liste est bien incomplète. Vos suggestions sont les bienvenues…
Je n’ai pas donné d’explications, je voulais répondre rapidement à la question d’un élève DJ, mais je ne renonce pas, un jour, à donner les explications des surnoms.
Pour terminer en musique, je vous invite à réécouter Mosterio https://dj-byc.com/mosterio-1939–09-11/ où l’on peut entendre deux descriptions humoristiques de chefs d’orchestre de tango, description qui auraient pu donner lieu à des surnoms :
¿Que por qué D’Arienzo es ñato (Pourquoi D’Arienzo a‑t-il un petit nez ? On sait qu’au contraire, il en avait un imposant) y Lomuto delgadito? (Et lomuto maigre ? Lomuto était bien en chair, pas vraiment maigre…) ¡Mosterio!
Anselmo Rosendo Mendizábal Letra : Ernesto Temes (Julián Porteño), Homero Expósito, H. Semino, S. Retondaro, Vicente Planells del Campo y Oscar Amor, Ángel Villoldo.
Voici une chose bien curieuse que ce tango qui ne dispose pas d’enregistrement de version chantée intéressante dispose de tant de paroles. Pas moins de cinq versions… Quoi qu’il en soit, ce tango écrit en 1897 parRosendo Mendizábal est fameux, et il fut le premier à avoir une partition…
Un tango célèbre
Ce tango est fameux. C’est pour cela, probablement qu’il dispose de plusieurs paroles, ces dernières étant utilisées pour flatter un commanditaire potentiel. J’ai raconté dans Sacale punta comment Rosendo l’a dédicacé à Ricardo Segovia et a gagné ainsi 100 pesos… Il venait de le jouer à de multiples reprises à la demande du public en Lo de María la Vasca, dont il était le pianiste attitré. Comme preuve de notoriété, outre l’abondance de paroliers, je pourrais mentionner qu’il est chanté par Gardel dans Tango argentino 1929-12-11.
«De tus buenos tiempos aún hay palpitan El choclo, Pelele’, El taita, El cabure La morocha, El catre y La cumparsita Aquel Entrerriano y el Sabado ingles»
La dernière preuve est le nombre incroyable de versions de ce titre. Les 100 pesos de Ricardo Segovia furent un bon investissement.
Extrait musical
El entrerriano 1944-04-26 — Orquesta Osvaldo Fresedo.
On comprend l’enthousiasme des premiers auditeurs de El entrerriano qui ne s’appelait pas ainsi quand il fut joué pour la première fois en Lo de María la Vasca. À l’époque Rosendo l’avait joué au piano et sans doute émulé par la bonne réception par les participants s’était peut-être lancé dans quelque chose un peu plus jouer et spontané que les versions de l’époque. Ce qui est sûr, c’est que Fresedo a su sortir de sa zone de confort pour nous éblouir avec cette version joyeuse.
Les paroles
J’ai mentionné cinq versions. Je n’en ai retrouvé que quatre, celle de Ángel Villoldo semble perdue. Les quatre restantes sont du même type, elle raconte la gloire, la gloriole d’un type. Rien de bien intéressant et original. Je vous les cite donc par ordre chronologique et ne traduirai que la plus récente, celle de Homero Expósito.
Letra de Ángel Villoldo
Ángel Villoldo a dédié une version à Pepita Avellaneda. Pour cela il a écrit des paroles qui semblent perdues pour le moment. Attention à ne pas confondre la chanteuse Pepita Avellaneda et Pepito Avellaneda, pseudonyme du danseur José Domingo Monteleone. Ce dernier a pris ce surnom, car il était né à Avellaneda. Pepito, je ne sais pas pourquoi il l’a choisi quand il fut obligé de prendre un pseudonyme pour atténuer son origine italienne afin de faciliter ses tournées européennes et le fait qu’il était d’une famille de pizzaiolos de province (Avellaneda). D’ailleurs Pepita Avellaneda était également un pseudonyme, la chanteuse, qui était aussi danseuse s’appelait en fait Josefa Calatti… C’est elle qui avait étrenné El esquinazo de Villoldo, avec des paroles également disparues… Villoldo a cependant écrit les paroles d’un autre tango qu’il a également composé : Desafío de un entrerriano (défi d’un entrerriano). Il se peut qu’une partie des paroles soit proche de celles de la version perdue, à la différence qu’il s’agissait d’une femme, probablement uruguayenne dans le premier cas, mais à l’époque, l’Uruguay et Entre Rios sont très proche et la frontière de la Province de l’Est perméable. On remarquera qu’elles sont de la même eau que celles destinées à El enterriano, ce qui confirme la destination de ces paroles, la flatterie, voire la flagornerie… On ne connaît pas la datation précise de l’écriture de ce tango, mais comme il a été publié en 1907 dans Caras y Careteras, il est au plus tard de cette époque, soit tout au plus, cinq ans après la version perdue. Il ne semble pas exister d’enregistrement de ce tango. Voici donc les paroles de Desafío de un entrerriano :
Ángel Villoldo — Desafío de un entrerriano Aquí viene el entrerriano El criollo más respetado, Por una milonga, un estilo, O un tanguito requebrado. En cuanto yo me presento No hay quién se atreva a roncar, Al cohete son los candiales… Me tienen que respetar.
¿Vamos a ver quién se atreve? ¿No hay ninguno que ya ladré? ¿Dónde está ese mozo pierna que la echaba de compadre? Vayan saliendo al momento Ya que llega la ocasión, Que eso es lo que a mí me gusta Pa´ darles un revolcón.
¿Quién le ronca al entrerriano? ¿No hay quién cope la parada?, Vamos a ver, pues, los taitas Aprovechen la bolada. Miren que ocasión como esta No se les va a presentar… ¿De ande yerba?… Tienen miedo Que los vaya a abatatar.
Ya veo que no hay ninguno Que resuelle por la herida, Y me gano la carrera Mucho antes de la partida. Aquí concluyo y saludo Con cariño fraternal, A todos los concurrentes Y al pabellón nacional…
Letra de A. Semino y S. Retondaro Tú el entrerriano un criollazo De nobleza e hidalguía Que captó la simpatía De todo el que lo trató. Porque siempre demostró Ser hombre sincero y fiel Y como macho de Ley La muchachada lo apreció.
Como varón se comportó Su pecho noble supo exponer Para el débil defender Y así librarlo del mal Pero una noche sombría. Que fue, ¡ay !, su desventura En su alma la amargura Echó su manto fatal Por haber sido tan leal Halló su cruel perdición …! El entrerriano lloró Su triste desilusión.
Una noche en un callejón Al amigo más fiel vio caer, Bajo el puñal de un matón Que de traición lo hirió cruel Y vibrando de indignación El criollazo atropelló Y en la faz del matón Un barbijo marcó.
Y al correr de los años Libertao ’e las cadenas Con el peso de su pena, Pa’l viejo barrio volvió Y amargado lagrimeó Al hallarse sin abrigo Y hasta aquél… el más amigo, El amparo le negó.
Letra de Vicente Planells del Campo y Oscar Amor Mi apodo es El Entrerriano y soy de aquellos tiempos heroicos de ayer, el de los patios del farol y el parral, con perfume a madreselva y clavel. Soy aquel tango que no tuvo rival en las broncas y entreveros. Pero fui sentimental junto al calor del vestido de percal.
Soy aquel que no aflojó jamás, el que luchó con su valor por mantener este compás y con él me sentí muy feliz al poder triunfar con mi valor lejos de aquí, allá en París. Y después de recorrer triunfal, la vuelta pegué para volver junto al calor de mi arrabal y hoy al ver que soy retruco y flor quiero agradecer este favor al bailarín como al cantor.
Entrerriano soy de pura cepa y no hay a pesar de ser tan viejo, varón ni quien me pise los talones pues soy el compás de meta y ponga y fui de la quebrada y el corte el rey en lo de Hansen y el Tambito. Y en las trenzadas de amor primero yo por bohemio y picaflor.
Letra de Julián Porteño En el barrio de San Telmo yo soy picaflor afortunao en amor un punto bravo pa’l chamuyo floreao buen amigo en cualquier ocasión caudillo firme de jugado valor pa’ copar una parada y afirmar mi bien probada lealtad con el doctor.
Calá este varón cuando con un gesto mando en el resto pa’ ganar una elección. Calá este varón en bailongos bien mistongos conquistando un fiel corazón. Calá este varón en salones distinguidos todo presumido de “doctor”. Calá este varón mozo atrevido siempre canto flor, envido en el amor.
Naipe y mujeres son mi única pasión, sí señor, éstas me dicen que sí aquél me dice que no. Pero no le hace mella a mi condición de varón, soy entrerriano, señor y tengo firme el corazón.
Letra de Homero Expósito Sabrán que soy el Entrerriano, que soy milonguero y provinciano, que soy también un poquito compadrito y aguanto el tren de los guapos con tajitos. Y en el vaivén de algún tango de fandango, como el querer voy metiéndome hasta el mango, que pa’l baile y pa’l amor sabrán que soy siempre el mejor.
¿Ven, no ven lo que es bailar así, llevándola juntito a mí como apretando el corazón?… ¿Ven, no ven lo que es llevarse bien en las cortadas del querer y en la milonga del amor?…
Todo corazón para el amor me dio la vida y alguna herida de vez en vez, para saber lo peor. Todo corazón para bailar haciendo cortes y al Sur y al Norte sulen gritar que el Entrerriano es el gotán.
Traduction libre de la version de Homero Expósito
Ils sauront que je suis l’Entrerriano, (celui de la Povince d’Entre Rios) que je suis un milonguero et un provincial, que je suis aussi un peu compadrito et je tiens la dégaine du guapo (beau) avec des cicatrices (tajito, petites entailles). Et dans le balancement d’un tango fandango, (Un siècle avant le tango, le fandango a fait scandale, car jugé lascif. Avec le tango, l’histoire se répète… N’oublions pas que ce tango s’est inauguré dans une maison de plaisir…)
Le procès du fandango (1809) (Gallica, bnf.fr). Vaudeville de Barré, Radet, Desfontaines : costumes de Mademoiselle Rivière (Madame Folignac), Seveste (Gavotino). Gravures par Carle (qui a également fait les costumes).
avec volonté je me lance à fond, afin qu’ils sachent que pour la danse et pour l’amour je suis toujours le meilleur. Vois-tu, ne vois-tu pas ce que c’est que de danser comme cela, de l’amener à moi comme pour écraser le cœur ?… Voyez, ne voyez pas ce qu’est de s’entendre bien dans les cortadas du désir et dans la milonga de l’amour ?… Tout cœur pour l’amour m’a donné la vie et une blessure de temps en temps, pour connaître le pire. Tout le cœur pour danser en faisant des cortes (figure de tango) et au Sud et au Nord, ils vont crier que l’Entrerriano est le gotan (tango en verlan, mais vous le saviez…).
Les versions
El entrerriano 1910-03-05 Estudiantina Centenario dir. Vicente AbadEl entrerriano 1913 — Eduardo Arolas y su Orquesta Típica.
Une version par le tigre du bandonéon. Il existe peu d’enregistrements de Arolas, sans doute, moins de 20 et tous de la période de l’enregistrement acoustique. Ils ne rendent sans doute pas justice aux prestations réelles de cet artiste du bandonéon et de son orchestre.
El entrerriano 1914 — Quinteto Criollo Tano Genaro. El entrerriano 1917 Orquesta Roberto Firpo. Avec les moyens et le style de l’époque.El entrerriano 1927-02-24 — Orquesta Francisco Canaro.
Une version calme et tranquille à la Canaro des années 20, mais avec de beaux passages guidés par le piano comme après 50 s.
El entrerriano 1927-03-20 — Orquesta Osvaldo Fresedo.
Une version avec des bruits étranges, on entend les animaux de la ferme (notamment à partir de 30 s). Le dédicataire est en effet un riche propriétaire terrien et j’imagine que Fresedo s’est amusé à ce petit jeu de recréer une basse-cour avec son orchestre.
El entrerriano 1937-03-29 ou 1940-08-29 — Roberto Firpo y su Cuarteto Típico.
Une version à toute vitesse. Avec mandoline. Je ne sais pas si elle était destinée à la danse. J’ai plutôt l’impression que c’était une démonstration de virtuosité.
El entrerriano 1940-11-06 — Orquesta Radio Victor Argentina.
On dirait que Firpo a passé le virus à Scorticati qui dirigeait la Victor à cette époque. On peut imaginer sa joie de faire raisonner le « Pin-Pon-Pin » du bandonéon comme une ponctuation tout au long de l’interprétation. On sent que l’orchestre, y compris la trompette, s’amuse et nous, DJ ou danseurs, avec.
El entrerriano 1944-04-26 — Orquesta Osvaldo Fresedo. C’est notre tango du jour.
On dirait que Firpo et Scorticati ont passé le virus à Fresedo qui produit à son tour une version très rapide. Il fallait sans doute ces deux contaminations pour l’inciter à produire cette version tonique et rapide. Le bandonéon fait encore un « Pin-Pon-Pin » encore plus convaincant. Cependant, adieu veaux, vaches, couvées par rapport à la version précédente de 1927. Chaque instrument a son tour de gloire et le résultat est prenant, jusqu’au classique double accord final de Fresedo. C’est notre tango du jour.
J’ai passé sous silence les versions de 1941 de Troilo (c’était l’époque où il avait des enregistrements pourris, car les maisons de disques ne voulaient pas concurrencer leurs poulains) et celle de Biagi, qui est du Biagi comme il y en a tant. Du bon Biagi, mais que du Biagi, sans valeur ajoutée au titre lui-même.
El entrerriano 1944-06-27 — Orquesta Aníbal Troilo.
Pas la version de 1941 qui était une version plutôt rapide, mais celle de 1944, bien mieux enregistrée. On voit que l’ambiance est bien différente de tout ce qui s’est fait avant, plus grave, calme, musicale, moins dans la surprise. On remarquera les pleurs du bandonéon à 2 : 46, le merveilleux jeu de Troilo. Une version pour une danse bien différente, Troilo commence à montrer le bout de son nez novateur.
El entrerriano 1954-04-29 — Orquesta Juan D’Arienzo.
Du bon D’Arienzo qui cogne, tout en restant joueur. De quoi réveiller l’ambiance d’une milonga qui somnole (il paraît que ça existe), mais certains des titres précédents sont également efficaces pour cet usage…
El entrerriano 1979-10-31 — Orquesta Osvaldo Fresedo.
Fresedo a encore enregistré le titre en 1979. Honnêtement, cet enregistrement n’a rien d’exceptionnel et je vous propose de bouleverser la chronologie pour terminer cette anecdote avec une version étonnante, par Varela…
El entrerriano 1957-03-29 — Orquesta Héctor Varela.
C’est le dernier titre que je vous propose aujourd’hui. Il débute avec le « Pin-Pon-Pin », mais très solennel, suivi d’une citation des paroles de Tiempos viejos (Francisco Canaro Letra: Manuel Romero) « ¿Te acordás, hermano, qué tiempos aquellos? » puis « Oí si » et une phrase de Mi noche triste (Samuel Castriota Letra: Pascual Contursi) « me dan ganas de llorar ».
Voilà, je termine avec cela. Quel parcours effectué depuis 1897 par ce tango exceptionnel !
À demain les amis !
El entrerriano. Ricardo Segovia a bien dépensé ses 100 pesos.
Pascual De Gullo Letra : Francisco Gullo (Pascual De Gullo)
Hier, avec Valsecito amigo, nous étions en présence d’une merveilleuse valse. Aujourd’hui, une autre valse, Lágrimas y sonrisas qui va nous permettre de parler (un tout petit peu) de théorie musicale. Je vous emporte dans le tourbillon de cette merveilleuse valse rénovée par Rodolfo Biagi.
Extrait musical
Pour suivre la suite, il est important de vous mettre la musique dans l’oreille dès à présent. Voici donc la valse du jour. Elle a été composée en 1913 (il y a donc 111 ans), mais cette version a été enregistrée le 23 mars 1941, il y a exactement 83 ans par Biagi.
Lágrimas y sonrisas 1941-03-26 — Orquesta Rodolfo Biagi. C’est la valse du jour.
Vous avez peut-être perçu un changement d’ambiance à l’écoute en fonction des passages. Mais pour bien comprendre ce qui s’y passe, il faut faire un peu de théorie.
Lire une partition. La théorie musicale pour les débutants
Pardon à mes lecteurs musiciens, mais pour mieux faire comprendre aux non-spécialistes, je dois faire un topo liminaire très basique. Vous pouvez le sauter. Ceux qui ne sont pas tout à fait débutants pour se raccrocher aux étapes suivantes avant d’aller au cœur du sujet (au chapitre intitulé, Vous êtes renvoyés…) La vulgarisation, ce n’est pas de mettre des barreaux en haut de l’échelle, c’est de mettre des barreaux correctement espacés du bas au haut de l’échelle. Dixit un de mes professeurs à l’École du Louvre, il y a bien longtemps.
La hauteur d’une note
La portée est un ensemble de cinq lignes horizontales qui permet d’indiquer la hauteur d’un son. Plus un son est aigu et plus il représenté haut sur la portée. Si le son est plus aigu ou grave que les lignes de la portée, on rajoute un petit bout de ligne avec la note (voir ci-dessous, pour le premier DO, à gauche).
Par la suite, j’utiliserai la notation avec le nom des notes (Do à Si) et pas les lettres A à G.
Les altérations
Pour marquer les subtilités de la musique, on a besoin de « crans » intermédiaires à ces 8 étages. Pour cela on utilise les dièses et les bémols. Le dièse augmente d’un demi-ton la note qu’il précède. Le bémol baisse la note qu’il précède d’un demi-ton. Prenons l’exemple de la note Sol :
Le sol de gauche est bémol (b), il est donc un demi-ton plus grave que le sol du milieu. Le sol de droite est précédé d’un dièse (#), il est donc un demi-ton plus haut que le sol du milieu. Pourtant les 3 Sols sont sur la même ligne, celle qu’indique la clef en début de ligne, la clef de Sol.
On peut donc monter ou descendre une note, au choix. Si on augmente la note la plus grave et qu’on baisse la plus aiguë, on obtient le même son.
Le fa dièse et le sol bémol sont sensiblement la même note (à un demi-coma près). Sur un piano, c’est exactement la même note, car il n’y a qu’une touche noire.Sur un piano, c’est facile de se repérer. Les touches blanches sont les notes normales. Les touches noires sont les touches des notes altérées (dièse et/ou bémol). On remarquera qu’entre le mi et le fa et entre le si et le do, il n’y a pas de touche noire. C’est, car entre ces notes, il n’y a pas un ton complet d’écart, seulement un demi-ton. Un Mi dièse est donc un Fa et un Fa bémol est un Mi.Une vidéo qui vous montre un peu le principe du clavier du piano. https://youtu.be/WKuR6dwX6QE
Voici ce que donne la représentation sur une portée de l’air bien connu de Frère Jacques (Brother John / Lego Diego / Fra’ Martino / Bruder Jakob).
Représentation de la chanson Frère Jacques (Brother John / Lego Diego / Fra’ Martino / Bruder Jakob) sur une portée.
On peut donc raisonner en demi-tons, puisque chaque touche du piano (blanche et noire) est séparée de sa voisine d’un demi-ton. Revenons à Frère Jacques (Brother John / Lego Diego / Fra’ Martino / Bruder Jakob) qui peut être écrit ainsi : Do Ré Mi Do Do Ré Mi Do Mi Fa Sol Entre le Mi et le Fa, il n’y a qu’un demi-ton. On peut donc obtenir la même mélodie, un peu plus grave ou aigue, en décalant le jeu. Par exemple Sol La Si Sol Sol La Si Sol Si Do Ré. Maintenant, le demi-ton est entre le Si et le Do. On peut également jouer en incluant les touches noires, par exemple en commençant par Fa# Sol# La# et ainsi de suite. Cela peut aider pour jouer avec des instruments qui ont une tessiture étroite (qui ne peuvent jouer que des notes sur une étendue restreinte d’une ou deux octaves, comme une flûte à bec). On change la note de référence pour l’adapter aux possibilités de l’instrument avec lequel on joue. Cela s’appelle la transposition. On fait aussi cela pour les chanteurs. Par exemple, si c’est une femme soprano qui chante ou un homme baryton, il faudra que l’orchestre s’adapte à la tessiture du chanteur. Avec les instruments à cordes, on peut changer la tension pour modifier l’accord de l’instrument. Pour d’autres comme le bandonéon, c’est impossible. Il faut donc accorder tous les instruments pour qu’ils soient compatibles avec cet instrument. L’amusant est que selon les régions et les époques le « diapason » a changé et que certains se crêpent le chignon pour ce type de détail… Mais, cela devient un discours de « spécialiste » et n’a aucun intérêt pour la danse. Abordons donc d’abord le niveau trois, l’esprit tranquille.
Lire une partition. La théorie musicale, niveau trois, les modes
Il ne faudrait pas penser que toutes ces subtilités ont été créées pour pallier des problèmes techniques. Les altérations (dièses et bémols) ont été inventées pour changer la tonalité (la couleur, les teintes, pour faire une comparaison avec la peinture). Selon la disposition de ces altérations, l’ambiance du morceau va changer. Le plus simple est d’écouter un morceau bien connu et de voir comment son ambiance change si on modifie la position des demi-tons. Je reprends Frère Jacques (Brother John / Lego Diego / Fra’ Martino / Bruder Jakob) pour que ce soit bien clair.
Frère Jacques au piano en Do majeur. C’est la version habituelle.Frère Jacques au piano en Do mineur.
La tonalité de la musique est bien différente. Le mi de la version habituelle est devenu un mi bémol. Il est un demi-ton plus bas. Cela suffit à changer la façon dont on perçoit la musique. Elle semble plus triste. Ce mode particulier est appelé mode mineur par opposition au mode majeur plus gai que l’on est habitué à entendre pour ce titre.
Lire une partition. La théorie musicale, niveau quatre, l’armature et les changements de mode
On parle toujours du mode et pas de la mode vestimentaire, hein ? On a vu que le changement de mode donnait une couleur particulière à la musique. Pour éviter d’avoir à écrire chaque dièse ou bémol à la clef, on a décidé de mettre en début de partition, tous les dièses ou bémols à utiliser. Pour être précis, c’est soit des dièses, soit des bémols et l’ordre en est précis, on n’écrit pas n’importe quoi à l’armature (cette partie de la partition). Cette armature indique la tonalité d’un morceau. Par exemple, il peut être en Do majeur, c’est une des tonalités les plus simples. Au piano il se joue uniquement avec les touches blanches. La plupart des chansons enfantines sont dans cette tonalité, car elles sont souvent jouées sur des instruments rudimentaires qui ne permettent pas les demi-tons. Dans Lágrimas y sonrisas, le mode change en cours de route.
Représentation très simplifiée des tonalités de Lágrimas y sonrisas. En bleu, les parties majoritairement mineures, en ambre, les parties majoritairement majeures. On remarque que la partition comporte deux lignes de portées. Un pour la main droite (en haut) et une pour la main gauche (en bas). Comme les notes de la main gauche sont en général plus graves, on utilise une autre clef que la clef de Sol, au piano, c’est la clef de Fa 4e, car on parle d’une note Fa qui est sur la quatrième ligne. SI je vous ai perdu, ce n’est pas grâce, cette information n’est pas tuile aujourd’hui 😉
On remarquera à l’armature au tout début, trois bémols (Si b, Mi b, La b). Cela indique que tous les Si, tous les Mi et tous les La seront altérés (joués un demi-ton plus bas), sauf indication contraire. Contrairement au dièse ou au bémol isolé, ces altérations placées en début de partition influent sur toute la musique. Dans le cas de cette valse, on peut dire qu’elle commence en Do mineur donc un mode nostalgique, triste. Je n’entre pas dans les détails, ce serait trop long à exposer ici. On remarquera sur la seconde page de la partition, à l’endroit du changement de couleur, trois signes placés sur les lignes des Si, Mi et La (les lignes des notes qui sont altérées. Ces signes qui ressemblent un peu aux dièses sont des bécarres. Leur fonction est d’annuler les altérations sur les notes considérées. Ici, comme c’est au début d’une partie, c’est valable pour tout ce qui suit. Tous les Si, tous les Mi et tous les La seront désormais ordinaires [ni plus graves ni plus aigus].
Les trois signes qui marquent les altérations. Le dièse qui fait monter la note d’un demi-ton, le bémol qui la fait descendre d’un demi-ton et le bécarre qui annule le changement.
Le bécarre peut aussi être placé devant une seule note, comme un dièse ou un bémol. Dans ce cas, il ne modifie que la note qui va être jouée et pas les suivantes qui garderont l’altération [dièse ou bémol] appliquée à la clef dans l’armure. Cela semble un peu compliqué, mais une fois qu’on a compris, c’est pratique.
Vous êtes renvoyés…
Je reviens à la partition de Lágrimas y sonrisas. On a observé qu’au début elle était en Do mineur [3 bémols], puis que dans la partie de couleur ambre, elle était en mode majeur [ici Do majeur]. Cela veut dire que le début est plutôt triste et la partie de couleur ambre, plus gaie. Cela s’entend assez clairement à l’écoute si on arrive à passer par-dessus deux difficultés. La première est que les partitions sont écrites à l’économie. Lorsque l’on rejoue le même passage, on en l’écrit pas, on utilise des systèmes de renvoi. Par exemple, à la fin, on voit D. C. qui signifie Da Capo [en tête] et qui indique au musicien qu’il doit maintenant recommencer du début. D’autres renvois plus discrets sont les doubles barres verticales.
À la limite du bleu et de l’ambre, on voit une double barre verticale. Celle-ci comporte à sa gauche deux points [:]. Cela signifie que l’on doit revenir en arrière, jusqu’à ce qu’on rencontre une autre double barre, mais avec les points à sa droite… Remarquez également les trois bécarres qui suppriment les altérations des Si, Mi et La et transforment le mode en Do majeur.
La seconde difficulté est qu’il y a des altérations ou des bécarres sur des notes isolées. On voit dans l’illustration précédente, des bécarres sur les trois « Si » de la première mesure entière de cet extrait. C’est-à-dire que la tonalité a en fait changé avant l’arrivée des bécarres. C’est tout simplement que le compositeur, Pascual de Gullo dans le cas présent, prépare l’oreille de l’auditeur pour le nouveau mode à venir. C’est ici très discret, c’est plus marqué à d’autres endroits. On remarquera la même chose dans d’autres mesures avec la présence de bécarres ou dièses isolés. Je signale ces changements dans la seconde écoute, ci-dessous. Ce sont ces subtilités qui font l’harmonie de la musique. Imaginez que vous passiez directement de Frère Jacques en mode majeur à sa version en mode mineur, sans préparation… La plupart des morceaux contiennent des changements de tonalité, moins souvent des changements de mode comme ici.
Nouvelle écoute de la valse du jour
Maintenant que vous êtes au courant, je vous propose d’écouter de nouveau et d’essayer de détecter ces changements de mode qui font passer du triste des larmes [Lágrimas] au gai des sourires [Sonrisas].
Lágrimas y sonrisas 1941-03-26 — Orquesta Rodolfo Biagi.
0 : 00 Mineur 0 : 18 Un peu de majeur [altérations avec des dièses pour changer la tonalité et le mode de façon très temporaire] 0 : 26 Mineur 0 : 51 Majeur 1 : 17 Mineur 1 : 31 Un peu de Majeur [altérations avec des dièses pour changer la tonalité et le mode de façon très temporaire] 1 : 44 Mineur jusqu’à la fin, mais les fioritures au piano de Biagi, tempèrent l’idée de tristesse, même s’il y a un léger ralentissement final.
Les paroles
Malheureusement, on n’a pas de version enregistrée avec les paroles de Francisco Gullo. On ne pourra donc pas entendre comment s’articulent les passages tristes ou gais, avec les paroles correspondantes. J’indique donc les paroles pour votre référence, même si vous avez peu de chance de les entendre interprétées, un jour.
Inmenso es el pesar que tu ausencia me ha causado, Mi corazón desgarrado sangra de tanto llorar, Ya no puedo vivir sin tus dulces sonrisas Lágrimas cruentas derramo sabiendo que te perdí…
Tus sonrisas, mágicas de encanto son Embeleso de mis lágrimas de amor, Me acarician con su divino rubor Soñándolas, vana ilusión, consuelo mi corazón…
Porque te amaba de veras Forjaba quimeras con loca ansiedad, Y en tus hermosas sonrisas Quedó prisionera mi felicidad…
Hoy que el recuerdo se ahonda en la mente Quisiera verte una vez más, Para confiarte en secreto, alma mía Que mi amor, no te olvido jamás…
Bésame con pasión tu boca me murmuraba, No te atormentes, que nada de ti me separará, Siempre te nombrarán mis lágrimas sentidas Por tus sonrisas fingidas, estoy enfermo de amor…
Pascual De Gullo Letra : Francisco Gullo (Pascual De Gullo)
Traduction libre et indications
Immense est le chagrin que m’a causé ton absence. Mon cœur déchiré saigne de tant pleurer. Je ne peux plus vivre sans tes doux sourires. Des larmes sanglantes que j’ai versées en sachant que je t’ai perdue… Tes sourires sont magiques de charme, embellissant mes larmes d’amour. Ils me caressent de leur divine rougeur. En rêver, vaine illusion, console mon cœur… Parce que je t’aimais vraiment ; j’ai forgé des chimères avec une folle anxiété et dans tes beaux sourires, mon bonheur était emprisonné… Aujourd’hui, que le souvenir s’engloutit dans l’esprit, j’aimerais te voir une fois de plus [voir le sublime tango « Quiero verte una vez más » de Mario Canaro avec des paroles de José María Contursi, sur le même thème]. Pour te confier secrètement, mon âme, que mon amour ne t’oubliera jamais Embrasse-moi passionnément, me murmura ta bouche, ne te tourmente pas, car rien ne me séparera de toi. Toujours mes larmes sincères te nommeront. À cause de tes sourires feints, je suis malade d’amour… Les paroles sont plutôt jolies et sensibles. La chute finale avec les sourires feints ouvre différents horizons que je vous laisse explorer ; —)
Les versions
Lágrimas y sonrisas 1913 — Eduardo Arolas y su Orquesta Típica.
Un enregistrement acoustique, donc un peu sévère pour nos oreilles modernes, mais qui laisse tout de même remarquer la qualité de l’interprétation. Cependant, le manque de variations peut laisser paraître le titre un peu monotone.
Lágrimas y sonrisas 1914 — Quinteto Criollo Tano Genaro Espósito.
L’année suivante, Tano Genaro l’interprète avec son Quinteto Criollo. À mon avis, on peut se passer facilement de cette version, plutôt ennuyeuse.
Lágrimas y sonrisas 1932-12-05 — Trío Ciriaco Ortiz.
Bien que de 1932, cette version à deux guitares et un bandonéon, peut se danser, mais elle ne devrait pas susciter des enthousiasmes débordants. Les guitares de Ramón Andrés Menéndez y Vicente Spina (le compositeur de Loco turbión) font leur travail, mais le bandonéon de Ciriaco Ortiz est un peu paresseux.
Lágrimas y sonrisas 1934-10-20 — Orquesta Adolfo Pocholo Pérez.
On monte un peu en énergie et la différence entre les parties tristes (mineure) et gaies (majeures) est bien sensible.
Lágrimas y sonrisas 1936-09-29 — Orquesta Juan D’Arienzo.
Une version classique. Biagi se remarque au piano par quelques éléments légers. Dans la partie gaie, il accompagne de façon légère les pizzicati des violons. Le final à la D’Arienzo suggère une accélération et la valse nous entraîne puissamment jusqu’aux dernières notes. Il est un peu dommage de ne pas en avoir un enregistrement de 1938, car c’est cette valse qui a poussé D’Arienzo à virer Biagi, car il devenait de plus en plus la vedette de l’orchestre. En effet, à la suite d’une interprétation brillante de cette valse, Biagi se leva pour saluer le public qui applaudissait à tout rompre. D’Arienzo s’est alors dirigé vers lui pour lui signifier à voix basse qu’il était viré ; “¡Soy la única estrella de esta orquesta…estás despedido!». Je suis la seule vedette (étoile) de cet orchestre, tu es viré !
Lágrimas y sonrisas 1941-03-26 — Orquesta Rodolfo Biagi.
C’est la valse du jour. Là, Biagi a son propre orchestre. Il peut se lâcher complètement au piano pour nous proposer cette version brillante. Les expirations haletantes des bandonéons, les glissandos des violons et les accents énergiques du piano donnent une grande variété à cette interprétation. La fin n’a pas l’impression d’accélération que possède la version de D’Arienzo, mais les motifs des 30 dernières secondes démontrent la virtuosité de Biagi au piano.
Lágrimas y sonrisas 1974-04-26 — Orquesta Alfredo De Angelis
Je terminerai avec un autre pianiste, De Angelis qui propose une version bien différente et tardive de cette très belle valse où on retrouve le même jeu que dans les 30 dernières secondes de la version de Biagi, mais plus tôt. On peut considérer que c’est un hommage, une citation. Cela permet à De Angelis de retrouver l’accélération finale qui avait été gommée dans la version de Biagi.
Lágrimas y sonrisas. Jean qui rit et Jean qui pleure 😉
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